L'aérodrome de Temploux a désormais son espace dédié à une école de pilotage de drones

Une nouvelle école de pilotage de drones vient de s'ouvrir en bordure de l'aérodrome de Temploux, près de Namur. Des formateurs professionnels y donnent des cours théoriques et pratiques. Les élèves s'entraînent sur un terrain qui jouxte la piste réservée aux avions et aux hélicoptères. Une cohabitation insolite.

Le vol d'Hélène

Parmi la soixantaine d'élèves déjà inscrits sur le site namurois d'EspaceDrone: Hélène Greindl. "C'est pour réaliser des vidéos professionnelles que j'utilise un drone. La société de production pour laquelle je travaille exploite beaucoup de plans aériens. D'où l'intérêt d'une formation poussée et agréée. En fait, j'ai un drone depuis 4 ans. A l'époque, il ne fallait pas de licence pour le piloter. Mais depuis peu, il y a une réglementation sur ces engins téléguidés. Il me faut donc la licence de la DGTA (Direction générale du transport aérien)".

En effet, le pilotage d'une série d'engins nécessite une autorisation de l'administration. Seuls les petits drones (moins d'un kg) au-dessus d’un terrain privé ou d’un terrain d’aéromodélisme peuvent être utilisés sans licence DGTA.  L'école de Temploux propose des formations "récréatives" pour la sphère privée. Mais la plupart des élèves suivent des formations plus poussées. La formation "classe 2", pour les appareils de moins de 5 kg. Et surtout la formation "classe 1", pour un usage plus professionnel, comme dans le cas d'Hélène.

Une formation professionnelle

Les cours de "classe 1" concernent les pilotes de drones jusqu'à 150 kg. Ils comportent deux volets. "Les cours théoriques (3 fois 8 heures) reprennent les matières imposées par la DGTA", explique Renaud Fraiture, responsable de l'école. "C'est une réglementation assez fournie, précise et draconienne sur les vols de drones dans l'espace aérien belge", précise Michel Rys, instructeur, pilote et examinateur agréé. Il y a aussi pas mal de matières sur la connaissance des conditions météorologiques pour pouvoir voler. Il faut aussi connaître des notions technologiques, par exemple. L'élève doit alors passer un examen théorique à la DGTA, à Bruxelles.

Le volet pratique, lui, comporte 3 modules de 4 heures. L'apprentissage de la télécommande s'effectue aux côtés de l'instructeur. Le maître dispose aussi d'un boîtier de commande pour pouvoir rectifier le tir en cas d'erreur de l'élève. Un peu comme un moniteur automobile prêt à intervenir à tout moment pour éviter l'accident. Le formateur prépare ainsi le pilote en herbe au passage de l'examen pratique final. 

A Temploux, l'espace d'écolage réservé aux drones est situé juste à côté de la piste utilisée par les hélicoptères, avions à hélices et autres planeurs. "C'est un bon exercice pour les élèves", explique Renaud Fraiture. "On veut vraiment leur apprendre comment le drone peut et doit cohabiter avec l'aviation civile générale. Il y a des règles et des procédures précises à respecter". 

Un secteur qui décolle 

Les domaines d'utilisation du drone sont en pleine expansion. Les médias et les sociétés de production font des prises aériennes impressionnantes à coûts réduits. La police dispose de drones pour certaines missions de surveillance. Les urbanistes et les géographes, pour l'établissement de cartes précises (parfois en 3D), de thermographies ou de photogrammétries (techniques qui, à partir d'une image photographique, permettent de modifier sa projection, ses dimensions et sa position). 

Les archéologues peuvent aussi bénéficier d'une vision aérienne précieuse pour leurs investigations et leurs archivages. Les agriculteurs peuvent inspecter l'état de leurs champs. Les agences immobilières réalisent des vidéos aériennes inédites des bâtiments. Des techniciens inspectent l'état de panneaux solaires. Et des universitaires développent des systèmes de relevés hygrométriques sous terre à l'aide de caméras spéciales embarquées sur les drones. Enfin, dans certains pays, des entrepreneurs utilisent déjà de gros aéronefs téléguidés pour soulever des briques et construire des bâtiments. Une liste d'applications qui s'allonge chaque année.   

Ouverte depuis quelques jours, l'école de Temploux rencontre déjà un succès impressionnant. Et ce, malgré des tarifs déjà assez élevés. Les élèves déboursent de quelques centaines d'euros à 2.400 euros, en fonction du type de formation choisi. 

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