L'abbaye de Villers-la-Ville en route vers une reconnaissance Unesco

Fin de cette semaine, la Région wallonne transmet à l'ambassadeur belge auprès de l'Unesco la liste de nouveaux sites candidats pour figurer sur la liste du patrimoine mondial. Il s'agit des mines néanderthaliennes de Spy, Sclain, Goyet et Engis, de l'hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines et des ruines de l'abbaye cistercienne de Villers-la-Ville. "Il existe des centaines de sites cisterciens en Europe, parfois beaucoup mieux conservés. On pourrait donc se demander ce qui Villers a de plus, d'autant qu'il s'agit de vestiges, reconnaît Michel Dubuisson, directeur adjoint du site. C'est son caractère complet qui pourrait faire la différence. Dans le monde de l'histoire de l'art et de l'archéologie, notre abbaye est reconnue car, en dehors du cloître et des bâtiments religieux, tous les lieux de vie secondaires typiques des abbayes cisterciennes ont été conservés, tels que la prison, qui est rarissime, l'hôtellerie, le moulin, des traces de l'infirmerie... Le tout est inséré dans un mur d'enceinte conservé en grande partie".

Une procédure complexe

C'est donc en tant qu'ancien site cistercien le plus complet d'Europe que l'abbaye brabançonne pourrait rejoindre la prestigieuse liste. Mais il faut d'abord que son dossier franchisse plusieurs étapes avant cette éventuelle reconnaissance. Si c'est la Région qui a monté son dossier de candidature, ce n'est pas elle qui ira le défendre auprès de l'Unesco: c'est la Belgique, via son ambassadeur à l'Unesco, qui demande d'abord son inscription sur la "liste indicative", une liste d'attente des sites naturels et culturels candidats. Ensuite, sur base du dossier et d'éventuelles visites d'experts sur place, l'Unesco vérifiera si le site candidat répond à l'un de ses des dix critères pour figurer sur la prestigieuse liste et a bien une "valeur universelle exceptionnelle". Cette année, sur 28 candidatures du monde entier, 20 sites ont été reconnus. En Wallonie, six sites ou ensembles de sites le sont déjà... mais huit autres figurent toujours sur la liste indicative, certains depuis dix ans, en attente d'une reconnaissance.

Le vrai danger, c'est d'être oublié

Au cabinet du ministre wallon du Patrimoine René Collin, on espère avoir déjà de bonnes nouvelles dans le courant de l'été 2019. Mais en dehors d'un renforcement de sa notoriété, quelles répercussions ce classement pourrait-il avoir pour le site de l'abbaye? "On sait que cela va occasionner des contraintes en plus. Mais nous les avons déjà, vu que nous gérons déjà un site reconnu patrimoine exceptionnel de Wallonie. Nous sommes déjà tenus à toute une série de règlements en terme de maintenance, de restauration. Il ne risque pas d'y avoir de réelles surprises", répond Michel Dubuisson. Le directeur adjoint ne craint par exemple pas que l'Unesco limite le nombre d'événements, comme la Nuit des Chœurs, les fêtes médiévales, ou le théâtre en plein air, pour préserver l'intégrité du site. "Le vrai danger pour un site patrimonial, avec les contraintes que ça demande en moyens financiers et humains pour sa maintenance, c'est d'être oublié et d'attirer peu de visiteurs. La nature reprend alors ses droits et le bâtiment se dégrade plus rapidement", poursuit-il. Le site a accueilli l'an dernier 140.000 visiteurs, dont 80.000 lors d'événements festifs ou culturels.

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK