L'Abbaye de Rochefort contre Lhoist au civil

Les moines veulent faire reconnaître leurs droits civils sur la source Tridaine dont l'eau leur permet de brasser la célèbre Trappiste.
Les moines veulent faire reconnaître leurs droits civils sur la source Tridaine dont l'eau leur permet de brasser la célèbre Trappiste. - © AFP

La guérilla judiciaire que se livrent l'Abbaye de Rochefort et la société Lhoist s'est poursuivie lundi matin devant le tribunal civil de Marche-en-Famenne. Les moines veulent faire reconnaître leurs droits civils sur la source Tridaine dont l'eau leur permet de brasser la célèbre Trappiste. Des droits contestés par l'industriel.

La société Lhoist a récemment obtenu un permis unique l'autorisant à pratiquer des tests de pompage sur la nappe phréatique située sous la carrière de la Boverie en vue d'en approfondir l'exploitation et ainsi permettre l'approvisionnement en pierre à chaux jusqu'en 2046. Un projet auquel s'oppose l'abbaye de Rochefort, dans la mesure où cet approfondissement entraînerait l'assèchement de la Tridaine.

Après avoir été déboutés à plusieurs reprises, devant le Conseil d'État et le tribunal de première instance de Namur notamment, les moines se tournent désormais vers le tribunal civil de Marche-en-Famenne. L'Abbaye invoque plusieurs documents, dont un acte de partage de 1833 et plusieurs conventions signées par Lhoist pour revendiquer des droits civils sur la source Tridaine et l'eau qui en découle. Des droits que conteste le groupe industriel. "Il ne faut pas confondre droit sur la source et droit sur le produit de la source", souligne Me Xavier Taton, l'un des avocats de la multinationale. "L'eau n'appartient à l'abbaye qu'à partir du moment où elle s'écoule sur sa propriété."

L'abbaye rejette également les solutions technologiques proposées par Lhoist, à savoir capter l'eau en profondeur pour la réinjecter artificiellement dans la Tridaine. "L'enjeu est l'existence même de la source", souligne l'un des avocats de l'abbaye, qui évoque un conflit de perspectives temporelles. "L'abbaye a vocation à rester là un millénaire de plus et à brasser aussi longtemps que les gens boiront de la bière. Lhoist voudrait prolonger son activité de 20 ans et, à cette fin, détruire un massif calcaire."

Le jugement sera prononcé le 1er août.

Archives : Journal télévisé 28/01/2014

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