Kots étudiants vides : Infor Jeunes s'interroge sur les loyers

Kots étudiants vides: Infor Jeunes s'interroge sur les loyers
Kots étudiants vides: Infor Jeunes s'interroge sur les loyers - © Belga-Eric Lalmand

La majorité des kots étudiants sont vides. Et cela ne risque pas de changer avant un bon bout de temps. Les universités ont en effet annoncé qu’elles resteront fermées jusqu’à la fin du quadrimestre et qu’elles donneront leurs cours à distance, quand c’est possible. Une situation qui interpelle les étudiants rentrés dans leurs familles, ainsi que la Fédération Infor Jeunes. La Fédération se demande si des mesures de suspension des contrats de bail étudiant ne doivent pas être prises, vu les circonstances exceptionnelles actuelles. Pourquoi payer un loyer et des charges pour un kot inoccupé ? La question est légitime. Mais la réponse est très complexe.

La position d’Infor Jeunes

"Légalement, ce sont les règles habituelles qui sont d’application", nous a expliqué Catherine Deloo, juriste à la Fédération. "Jusqu’à présent, les autorités n’ont pas pris de mesures provisoires relatives au bail d’étudiant. Dès lors, les étudiants ne peuvent pas invoquer un cas de force majeure. Ils doivent donc continuer à louer leur bien même s’ils sont confinés chez eux. Mais rien n’empêche les locataires de prendre contact avec les propriétaires pour essayer d’obtenir un arrangement à l’amiable. Car la situation devrait inciter à la solidarité, au moins pour suspendre les charges". Infor Jeunes conseille aux étudiants de coucher sur papier pareil accord à l’amiable et de le joindre comme avenant au contrat de bail initial.

Le cas des étudiants jobistes

De nombreux étudiants doivent partiellement ou entièrement payer eux-mêmes le loyer de leur kot. D’où les nombreux étudiants jobistes. Mais le confinement actuel les prive de ces revenus souvent indispensables. Continuer à payer un kot inoccupé s’avère donc être une double peine pour ces jeunes. "Ces étudiants précarisés sont dans une situation difficile et nous appelons les autorités à faire comme nos voisins Français", précise Info Jeunes. "Le loyer du mois d’avril est tombé à zéro pour les étudiants français". "Les autorités belges pourraient faire un geste", explique la Fédération. "Le gouvernement fédéral et le secteur financier ont bien pris des mesures pour soulager les entreprises"!

Le ministre wallon répond

Le message d’Infor Jeunes a été entendu par les autorités. Dont le ministre wallon du Logement, Pierre-Yves Dermagne. "La situation est complexe", explique son porte-parole, Olivier Rubay. "Des étudiants sont confinés chez leurs parents ou chez un proche; d’autres dans leur kot (NDLR : c’est le cas de certains étudiants Erasmus, par exemple). Par ailleurs, nous ne pouvons pas prendre parti pour le locataire ou le bailleur. Les situations peuvent parfois être compliquées des deux côtés. Je pense par exemple à un modeste propriétaire retraité pour qui les rentrées locatives peuvent s’avérer indispensables. D’autres propriétaires peuvent faire un geste. Nous en appelons donc au bon sens et à la solidarité. Quant aux kots universitaires, nous ne pouvons pas intervenir dans les affaires internes des autorités académiques. Mais nous savons que des réflexions sont en cours pour trouver des solutions pour les étudiants en difficulté, dans différentes institutions".

Souplesse en vue

Joint par téléphone ce mardi, le directeur Logistique et Logement de l’UCLouvain, Vincent Bomal, nous a confirmé que des discussions sont en cours pour envisager une série de solutions possibles. "Nous formulerons des propositions prochainement, mais nous voulons en tout cas éviter que des étudiants se retrouvent en difficulté".

Du côté d'un grand groupe privé spécialisé dans les kots et les résidences pour étudiants, on renvoie la balle vers les propriétaires. "Nous ne sommes que les gérants. C'est aux propriétaires à voir ce qu'il convient de faire. Mais je sais que des concertations sont en cours". 

Les solutions pourraient donc être multiples, vu la complexité du marché locatif. Entre les kots universitaires, ceux appartenant à des groupes immobiliers, les chambres des petits propriétaires, les étudiants jobistes, les jeunes aidés par leurs parents et les étudiants confinés en kots, rien n’est simple! 

 

 

 

Reportage de notre journal télévisé:

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