Karting électrique : la piste indoor de Wavre vend 21 extracteurs de fumée désormais inutiles

Karting Indoor de Wavre: la piste ne compte plus que des bolides électriques. Proposer à la fois des karts électriques et thermiques était trop compliqué à gérer au niveau technique et logistique, selon la direction.
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Karting Indoor de Wavre: la piste ne compte plus que des bolides électriques. Proposer à la fois des karts électriques et thermiques était trop compliqué à gérer au niveau technique et logistique, selon la direction. - © Rtbf

10.000 euros ! C’est le prix approximatif d’un seul extracteur de fumée équipant le Wavre Indoor Karting, à proximité du parc d’attractions de Walibi. Au total, le WIK dispose de 21 ventilateurs neufs n’ayant pratiquement jamais servi, les quatre vieux ventilateurs placés sur le toit ayant fait place à des panneaux solaires.

Ces 21 extracteurs avaient été installés suite à l’épisode de l’intoxication au CO. C’était le 11 février 2017. Une septantaine de personnes avaient été intoxiquées en raison du manque d’aération du complexe couvert. En octobre 2018, un permis d’exploiter ayant été délivré, les 21 machines étaient prêtes pour purifier l’air d’une piste censée accueillir à la fois des karts à moteur thermique et de nouveaux bolides électriques. Cette formule mixte s’avérant trop difficile à gérer sur le plan technique et logistique, la direction du WIK a finalement décidé de se limiter aux seuls karts électriques, rendant de facto les extracteurs d’air vicié totalement inutiles.

"Les quatre anciens ventilateurs situés sur la toiture ont été vendus il y a un certain temps déjà ; nous y avons installé des panneaux solaires", explique Ghislain de Mévius, fondateur du WIK. "Après l’accident, nous avons installé 21 nouveaux ventilateurs, 12 d’un côté du bâtiment, 9 de l’autre. Ces extracteurs de fumées sont en vente. Car nous avons finalement décidé de n’utiliser que des karts électriques. Vendre ces grands ventilateurs assez spécifiques n’est pas facile. Mais on espère trouver des acquéreurs. Le cas échéant, on les démontera de toute manière. Avec le recul, je regrette de ne pas avoir démarré en électrique tout de suite. C’était un gros investissement, mais voilà, c’est la vie !"

Projets d’aménagement

Le WIK a récemment introduit une nouvelle demande de permis. Objectif : faire une série d’aménagements sur le site. "Nous voulons surtout agrandir le parking pour notre clientèle", explique Ghislain de Mévius, fils du célèbre pilote belge de rallye, Grégoire de Mévius. "Nous voulons donc enlever les ventilateurs ; mais nous espérons aussi faire quelques travaux de réaménagement au niveau du restaurant, avec une terrasse agréable et une cuisine mieux adaptée". "La salle rencontre du succès, surtout le samedi. Nous sommes souvent complets. Et nous voulons mieux accueillir nos visiteurs, particuliers comme entreprises". Le projet prévoit aussi une salle de séminaire et un atelier adapté à l’entretien des karts électriques. Un entretien assuré principalement par un certain Jérémy Peclers.

Double champion du monde

Le mécanicien qui veille au bon fonctionnement des 30 karts électriques (dont 8 pour enfants) n’est pas n’importe qui ! Jérémy Peclers est double champion du monde de karting (catégorie X30 Master). "J’ai remporté le titre en 2016 et en 2017", précise Jérémy. "En compétition, le moteur thermique reste roi. Mais à terme, du moins en karting de loisir, le moteur électrique devrait s’imposer. Il présente des avantages. Un bon couple, peu de bruit, pas de pollution, pas d’odeur, une bonne fiabilité et des sensations excellentes, voire meilleures, sur une piste comme celle-ci. Cette formule est également idéale pour les débutants et les plus jeunes". C’est aussi l’avis d’un jeune pilote amateur rencontré sur place : "les sensations sont différentes avec l’électrique, mais elles sont très intéressantes. On a toujours le même plaisir. C’est une belle innovation".

Aujourd’hui, l’équipe compte 48 personnes, dont 12 équivalents temps plein et de nombreux étudiants.

 

L’électrique aussi en endurance

Un des reproches parfois formulés à l’égard des karts électriques, c’est l’autonomie limitée de la batterie. Pour séduire les amateurs d’endurance, le karting wavrien a trouvé la parade. Des batteries supplémentaires, avec des arrêts aux "stands" pour changer de batterie et prolonger le plaisir. "C’est tout nouveau", insiste Ghislain de Mévius. "Depuis quelques semaines, et nous en sommes très fiers, nous proposons des courses de 1h, 2h ou 3h. Avec des changements de batterie environ toutes les demi-heures. On espère donc pouvoir convaincre les plus férus de courses d’endurance (version moteur thermique) d’essayer cette nouvelle formule".

Le souvenir de la soirée mouvementée du 11 au 12 février 2017 fait progressivement place à des perspectives d’avenir plus réjouissantes.

 

Archives : Journal télévisé du 15/01/2018

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