Karine Lalieux sur Béliris: "Peut-être qu'un jour, quand on sera mature, tous ces fonds seront gérés par Bruxelles"

Karine Lalieux sur Béliris: "Peut-être qu'un jour, quand on sera mature, tous ces fonds seront gérés par Bruxelles"
Karine Lalieux sur Béliris: "Peut-être qu'un jour, quand on sera mature, tous ces fonds seront gérés par Bruxelles" - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Beliris, ça vous dit sans doute quelque chose, quand on parle de projets d'envergure à Bruxelles, dans le cadre de son rôle de capitale. Ce fonds fédéral financera par exemple la nouvelle caserne de pompiers à Ixelles, la rénovation d'un centre sportif à Forest et évidemment le projet colossal du Métro-Nord. Quels liens entre ces projets? Pourquoi est-ce le fédéral qui gère ce fonds à destination de Bruxelles? Karine Lalieux, ministre fédérale en charge de Beliris était l'invitée de Bruxelles Matin. 

Beliris finance des projets à géométrie variable sur Bruxelles. Quelle est la ligne de ce fonds Beliris ?

"Beliris, c'est 630 millions sur cette législature qui vont être investis à Bruxelles. Il y a trois axes. La mobilité, et évidemment le métro dont on parle beaucoup mais je veux aussi citer le RER vélo, ces pistes cyclo-piétonnes à destination des Bruxellois et des navetteurs pour se promener ou arriver à Bruxelles. Le deuxième grand axe, c'est la rénovation du patrimoine et la culture: on rénove des musées. Je vais débloquer le dossier du conservatoire. Je veux qu'il puisse servir aux étudiants et professeurs. Troisième axe: la cohésion sociale: des parcs, des piscines, une caserne de pompiers. Beliris veut être là où c'est utile pour les Bruxellois, les navetteurs et utile pour le rayonnement de Bruxelles au niveau international". 

Vous aviez critiqué en 2014, dans un article du Soir, votre prédécesseur Didier Reynders, en lui disant que Beliris ne devait pas être une tutelle du fédéral sur Bruxelles. Est-ce que ce fonds, c'est une manière de garder une main mise sur Bruxelles? 

"Cela dépend de comment s'est fait. Et je ne critique pas Béliris et les 630 millions d'euros que l'on va investir à Bruxelles. Je critiquais la manière dont on pensait Beliris au fédéral. Je suis une Bruxelloise, je suis fière de Bruxelles, j'ai toujours défendu les intérêts de Bruxelles. C'est un fédéral de coopération. C'est à dire que les projets vont remonter directement du gouvernement bruxellois, des communes bruxelloises et c'est en dialogue avec le ministre-président Rudi Vervoort et ses ministres que l'on va décider quels sont les projets dans lesquels on va investir. Et je vous garantis, on n'oublie pas les Bruxellois, parce que je dis toujours: comment voulez-vous attirer les touristes, les Européens, les navetteurs si un Bruxellois n'est pas épanoui dans sa ville?"

Ce serait pas plus simple de laisser gérer le gouvernement bruxellois? On manque de confiance en Bruxelles? 

"C'est une volonté du fédéral de rester à Bruxelles et d'agir sur le développement de Bruxelles. Je pense que c'est important qu'un niveau de pouvoir montre qu'il est présent dans sa capitale." 

On pourrait juste donner les fonds mais laisser la gestion à Bruxelles? 

"Peut-être qu'un jour, quand on sera complètement mature dans ce pays au niveau des entités fédérées et des rapports au fédéral, tous ces fonds iront à Bruxelles. Aujourd'hui, nous sommes dans un partenariat, dans la coopération et vous savez, c'est aussi toute une administration qu'on met au service de Bruxelles, avec 120 personnes. Elles permettent aussi d'agir rapidement sur Bruxelles. Ca crée aussi du lien, ca fait remonter ces préoccupations des Bruxellois au niveau du gouvernement fédéral. Parfois on est trop éloigné l'un des autres. Et je serai ce lien, parce que pour moi Bruxelles, c'est le poumon économique du pays, mais aussi l'image de tout le pays".  

Vous vouliez améliore cette participation des Bruxellois. Comment comptez-vous faire pour que Bruxelles soit plus impliquée dans ces décisions?

"Je suis tout le temps en rencontres, avec Rudi Vervoort, avec les bourgmestres bruxellois, je connais très bien ma ville. Et symboliquement, avoir une ministre bruxelloise en charge de Beliris, c'est important. Je connais Bruxelles et Bruxellois. Et les citoyens sont après impliqués par des comités de coordination, des études d'impact, par des études environnementales. Quand on investit dans une piscine, dans un parc, les Bruxellois sont avec nous et je suis fière d'être avec eux". 

Pour réécouter l'interview de Karine Lalieux sur Beliris

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK