Jurbise: les boîtes à musique mécaniques ont leur petit musée

Jurbise: les boîtes à musique mécaniques ont leur petit musée
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Jurbise: les boîtes à musique mécaniques ont leur petit musée - © Tous droits réservés

Albert Jacquet les collectionne depuis qu'il a 25 ans. Il est intarissable sur les boîtes à musique, et s'est décidé à ouvrir un petit musée, juste à côté de sa maison. "Au début tout était entreposé chez moi...dans toutes les pièces de la maison, imaginez un peu..." Pour éviter les conflits avec Madame, Albert a construit une annexe. Une seule pièce, dans laquelle deux siècles de boîtes à musique mécaniques sont concentrés.

"Cette passion me vient d'un oncle, qui collectionnait aussi ces objets". Malheureusement, Albert n'a pas hérité de la fameuse collection. "J'ai dû repartir de zéro". Qu'à cela ne tienne, depuis plusieurs dizaines d'années, cet audiologue écume les brocantes et les salles de vente pour dénicher des petits trésors. "C'est beaucoup de recherche!" Il lui est même arrivé de descendre dans le sud de la France pour récupérer une boîte à musique. Elle fait près de deux mètres. C'est la pièce la plus imposante du musée.

"Le plus bel objet à mes yeux, le voici. C'est le dernier à avoir été restauré. Le son s'apparente à celui de l'accordéon. Cette boîte peut jouer 8 airs différents". Partout sur les étagères, sur des guéridons, il y a des boîtes à musique. On ne sait pas trop par où commencer... 

"J'ai tenté de classer les objets par ordre chronologique", explique notre passionné. "Bien sûr l'origine des boîtes à musique remonte à l'Antiquité. Mais l'industrialisation a commencé au 17ème siècle. A cette époque, on trouvait principalement des orgues de Barbarie, en Allemagne et en France, des serinettes. C'était destiné à faire chanter les oiseaux, à leur apprendre à chanter!"

Certains des objets sont plutôt rigolos. Comme cette cage à oiseau automate, ou cette boîte à musique "du cochon fou". "On constate une grande différence entre les objets destinés aux enfants et ceux pour adultes. Pour les enfants, les fabricants travaillaient avec des manivelles plutôt que des ressorts. Cela évitait tout risque de blessure!"

Les connaisseurs trouveront sur les étagères des orgues de Barbarie de Falibois, avec ses fameux singes musiciens. "C'était une façon de parodier les nobles de l'époque. Dans la deuxième moitié du 19ème, il y avait pas mal de fabricants d'automates. Les plus connus étaient réunis dans le même quartier à Paris. Ici vous avez des automates de Léopold Lambert, Roullet Descamps par exemple... Pour ceux qui connaissent le milieu des automates, c'est assez réputé..."

Albert Jacquet nous montre quelques autres objets qu'il affectionne particulièrement. "Les boîtes à disques. Soit pour l'intérieur des maisons. Soit pour les lieux publics, comme les auberges, les cafés...on mettait une petite pièce et on écoutait 45 secondes de musique". Voilà donc l'ancêtre du juke-box! "Cette boîte m'a été vendue par un ancien aubergiste, à la retraite depuis longtemps. il se souvenait bien des couples qui dansaient au son de la boîte à musique". A entendre le son, très puissant et très rythmé, on a peine à croire qu'ils dansaient réellement la "Valse d'Amour"..."Mais bon...à l'époque le fox-trot était très à la mode aussi!"

Lorsque notre collectionneur rachète des objets, ils sont rarement en bon état. "Il faut les réparer. J'ai appris, petit à petit. J'ai une formation de technicien. Au début, j'ai commencé en réparant des horloges, des coucous". Il est désormais capable de remettre sur pied un "limonaire". "C'est le prochain à restaurer. Le limonaire, c'est ce qu'on trouve dans les carrousels. Cela fonctionne avec un carton perforé". Il a du pain sur la planche, avec celui-ci. "Je dois revoir les soufflets, réaccorder chaque sifflet...Il doit passer à l'atelier". Sa passion pour les serinettes, les phonographes, les automates l'occupe tout son temps libre. Il reçoit des groupes sur rendez-vous, pour un voyage musical teinté de nostalgie...

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