Jurbise : "Je vis sans GSM depuis 6 mois, et ça ne me manque pas. Que du contraire"

Jurbise : " Je vis sans GSM depuis 6 mois, et ça ne me manque pas. Que du contraire "
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Jurbise : " Je vis sans GSM depuis 6 mois, et ça ne me manque pas. Que du contraire " - © Tous droits réservés

Sylvain Dramaix en avait assez d’être joignable à tout moment, sans cesse interrompu par des appels ou des sms. Ce père de famille a décidé de se passer de téléphone portable. L’expérience semble concluante.

Convenir d'un rendez-vous n'a pas été évident. Pour joindre Sylvain Dramaix, désormais, c’est le téléphone fixe qu’il faut utiliser ou lui envoyer un mail. " En décembre dernier, mon GSM était cassé. Vitre brisée, batterie qui se décharge à toute vitesse...J’ai décidé de ne plus renouveler l’abonnement et de me passer de gsm ". Son entourage pousse de hauts cris. " On me disait ‘que vas-tu faire, le jour où il t’arrive quelque chose ! Hé bien, ces 6 derniers mois il ne m’est rien arrivé. Et je vais même vous dire que le jour où je me suis retrouvé en panne, sur le ring de Bruxelles. Ce jour-là, j’avais encore mon GSM. J’aurais donc pu prévenir. Et il était déchargé… "

"Chéri, tu peux passer à la boulangerie?"

Choisir de vivre sans GSM a malgré tout un impact sur la vie familiale. "C’est vrai, je suis moins joignable. Il faut un peu plus de temps pour me contacter." Impossible de lui demander, en dernière minute, de ramener du pain pour le souper. " Pour les courses, par exemple, nous faisons la liste ensemble, mon épouse et moi. On se tient à ce qui a été décidé. Globalement, on est beaucoup plus organisé qu’avant. On planifie plus, les choses se font de manière plus posée. Le téléphone portable est pour moi plutôt facteur d’anarchie."

Sylvain Dramaix n’a pas abandonné son téléphone sur un coup de tête. Plusieurs raisons l’ont poussé à le faire. "La première raison est environnementale. Le GSM est une technologie qui mange beaucoup de matériaux et d’énergie pour sa création. Je ne suis pas dupe : je sais bien que mon choix ne va pas changer la destinée du monde. Mais il me donne une certaine liberté de parole. Je m’explique. On a vu dans les marches pour le climat des jeunes y participer, des jeunes à qui certains rétorquaient ‘vous avez des smartphone’. En n’en ayant pas, ça me donne une crédibilité, quand je m’exprime sur une cause environnementale". L’autre raison, c’est…pour résumer…d’avoir la paix ! Le Jurbisien veut reprendre les rênes de ses journées et cesser d’être interrompu à tout bout de champ, par une sonnerie, un bip ou un " push " sortis de son GSM. " Le GSM a un côté totalisant. Si vous avez un gsm, c’est pour l’utiliser et donc vous êtes joignable à tout moment. Vous devez arrêter ce que vous faites et répondre à la personne. Être disponible à tout moment. ça me pose un problème. Si vous êtes en train de jardiner, en train de préparer une leçon – je suis enseignant-  vous devez vous tout arrêter pour répondre. On n’est plus dans sa vie à soi ! C’est surtout cet élément-là qui a fait que j’ai arrêté d’utiliser le téléphone portable."

"Ménapien de la technologie"

Sylvain Dramaix n’est pourtant pas allergique aux nouvelles technologies. Que du contraire ! Il tourne lui-même des vidéos pour ses élèves, afin de leur offrir des cours plus attractifs. Il est très présent sur les réseaux sociaux. "Les gens pensent que je suis un Ménapien de la technologie. Ils associent le GSM avec tout ce qu’il peut représenter. C'est-à-dire que sans GSM vous n’écoutez pas de mp3, vous n’allez pas sur internet…tout ça est faux ! On n’a pas besoin d’un gsm pour faire tout ça ! les gens ne comprennent pas cela. Certains me charrient, et c’est de bonne guerre."

Il apprécie beaucoup moins le "tout au GSM", pratiqué par certaines institutions. "Pour recevoir ma fiche de paie, par exemple, je dois utiliser l’application ‘itsme’. Vu que je n’ai pas de gsm, je ne peux pas utiliser cette application. Donc je dois trouver d’autres moyens pour résoudre ça. C’est l’institution qui impose cette utilisation du smartphone ! Où est notre liberté ?"

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