Juliette affrontera mieux le stress des examens grâce à l'hypnose

Comment mieux gérer le stress des examens ?
Comment mieux gérer le stress des examens ? - © RTBF - Flou

A quelques jours des examens, Juliette se ronge les ongles, s’arrache les cheveux, se gratte les bras… Chez elle, ce sont des signes qui ne trompent pas. Le stress est bien là, qui peut la paralyser, lui faire perdre pied. "Je ne vous dis pas au moment de l’examen… : je dégouline de transpiration, mes mains sont moites, moites, moites, je n’arrive plus à avaler…"

Pas l'hypnose des baraques de foire ou des plateaux télé

Pourtant, Juliette avance plutôt bien dans ses études. Elle est en 3e bac à l’université de Liège. "Et franchement, cela va de mieux en mieux. Je gère mieux mon stress qu’auparavant." Elle a appris à mieux planifier son travail. Elle a surtout recours depuis plusieurs années à l’hypnose dans le cadre d’une psychothérapie. Pas l’hypnose des baraques de foire ou des plateaux télé, mais bien celle de la sérieuse école Ericksonienne, utilisée au CHU de Liège depuis trente ans pour certaines interventions chirurgicales et plus largement pour la gestion de la douleur.

"C’est une technique qui fonctionne bien aussi pour la gestion des troubles post-traumatiques, le deuil, les troubles du sommeil ou d’une manière générale pour l’anxiété", explique Anne-Sophie Nyssen, professeur de psychologie à l’université de Liège. Cela consiste à conduire le patient vers un état de conscience altéré et utiliser ce moment particulier pour l’aider à corriger certains modes de pensée. Non, un examen n’est pas l’épreuve insurmontable que l’étudiant hyperstressé a construite dans sa tête ! Sous hypnose, il se débarrasse de certains mécanismes de pensée et peut construire avec l’aide de son thérapeute une autre approche du réel, moins stressante."

Comme dans toute psychothérapie, la confiance entre le psychologue et son patient est essentielle. En séance, bien souvent, le patient ferme les yeux et se laisse guider par le thérapeute. Mais contrairement à ce que l’on croit, l’hypnose n’est pas un moment d’abandon, de vulnérabilité. "Si vous insinuez quelque chose qui heurte les valeurs du patient pendant la séance d’hypnose, il réagit immédiatement." La capacité d’influence du thérapeute n’est pas sans limite.

Un état mental que nous connaissons tous

L’hypnose est un état mental que nous connaissons tous quand notre pensée divague tandis que nous conduisons seuls en voiture sur une route droite et calme. Ou alors lors de certaines activités sportives individuelles comme le jogging ou l’aviron. Une sorte de rêverie éveillée qui nous détache de l’environnement immédiat. "Mais c’est le contraire d’un état d’abandon, explique AS Nyssen, c’est plutôt un état de grande concentration."

C’est donc une technique que le patient peut aussi utiliser tout seul, en dehors du cabinet de son thérapeute. A condition de trouver le bon endroit, le bon moment, les bonnes circonstances. Il faut parvenir à se mettre dans une bulle.

Pour Juliette, c’est le jogging. "Quand je coure avec de la musique dans les oreilles, je m’évade, je divague… Et je parviens à faire circuler des pensées agréables dans ma tête. Le bénéfice de l’activité physique est doublé, en quelque sorte. En examens, je vais courir tous les deux jours…"

 

 

 

 

 

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