Journée du diabète: des dépistages gratuits dans les hôpitaux

Tests en série au CHR St Joseph (Warquignies)
4 images
Tests en série au CHR St Joseph (Warquignies) - © Charlotte Legrand

Quel est votre taux de glycémie ? Aucune idée ? Vous êtes peut-être bien au-dessus de la norme. Chez nous, 5 à 10% de la population belge est atteinte de diabète. Les chiffres sont en augmentation et vont de pair avec ceux de l'obésité. A l'occasion de la journée du diabète, le 14 novembre, certains hôpitaux organis(ai)ent des dépistages, ainsi que des ateliers où on parlait...chocolat. 

"Quelle est votre taille ? Votre poids ?" Sébastien répond docilement aux questions. Il participe au dépistage gratuit organisé à l'hôpital de Waquignies (CHR Saint-Joseph). "Ca ne prend que quelques minutes", lui a dit l'infirmière. "Alors profitons-en !"

Elle l'interroge sur ses facteurs de risque. Hypertension, surpoids...Sébastien est concerné. Mais il n'a pas de problème de coagulation, lorsqu'il se blesse. Pas de soif excessive non plus. Ce sont deux autres "indices" de diabète.

Arrive alors le moment de vérité : la piqûre. "346, monsieur...C'est beaucoup trop ! Mais vous avez peut-être touché quelque chose de sucré ? Allez vous lavez les mains, on va recommencer...".

Le deuxième test sera identique au premier. Sébastien est un diabétique qui s'ignore. "Je vais aller voir mon médecin traitant!" conclut-il, étonné quand même que de précédentes prises de sang n'aient rien révélé.

Une maladie parfois sans symptôme apparent

"C'est clair que dans des journées comme celles-ci on découvre des glycémies anormales. Beaucoup de diabétiques s'ignorent", constate la diabétologue Françoise Pirard. Ses consultations ne désemplissent pas.

"Il y a de plus en plus de patients diabétiques. De part l'augmentation du nombre d'obèses. C'est dû à l'alimentation, au fait qu'on bouge de moins en moins. Le vieillissement de la population fait aussi que l'on soigne plus de diabétiques"

Qu'il s'agisse de diabète de type 1 ou de type 2 (plutôt chez les personnes plus âgées/en surpoids), ils donneront lieu aux mêmes conséquences, s'ils ne sont pas pris en charge suffisamment tôt.

"Le diabète a mauvaise presse, on pense aux complications oculaires, aux problèmes artériels, problèmes de reins, membres amputés, etc. Oui, ça existe, ne nous leurrons pas ! Mais plus la maladie est dépistée tôt, mieux on la prend en charge. Un diabète bien équilibré donnera lieu à moins, voire pas du tout, de complications".

Cette spécialiste conseille aux personnes de 45 ans de se faire dépister, si elles sont "à risque": "S'il y a une hérédité (du diabète chez un père, une mère, un frère, une sœur), si on a une tendance à l'hypertension ou du cholestérol, un surpoids...et même si on ne sent rien !"

Les symptômes n’apparaîtront pas nécessairement en début de maladie : "C'est parfois trois ou quatre ans plus tard. Les symptômes qui montrent que le diabète est bien installé, c'est uriner beaucoup, se relever la nuit, donc boire beaucoup. un amaigrissement aussi, qui montre un gros manque d'insuline. Mais au début vous n'allez rien sentir, à part peut-être une grosse fatigue, qu'on attribue au boulot, au stress, etc."

Diabète et chocolat peuvent faire bon ménage

Dans le hall d'entrée de l'hôpital, des diététiciennes proposent des quizz. Rita et Kathia y testent leurs connaissances sur l'insuline. "Pas toujours évidentes, ces questions !", remarque Rita. Elle fait un sans faute par contre sur les questions concernant les aliments sucrés, le chocolat, par exemple.

"Le blanc est le plus calorique" précise-t-elle. Du chocolat blanc, il n'y en a pas devant Laurence Dieu. Mais la diététicienne a amené de grands paquets de mignonnettes "chocolat au lait" et "noir de noir". A son stand, elle a prévu une dégustation pas comme les autres. "Une dégustation de chocolat, dont j'espère vous allez profiter. Choisissez celui que vous préférez..." Rita et Kathia hésitent un peu. On est quand même dans un sensibilisation au diabète, et le noir de noir serait plus conseillé..."Celui que vous pré-fé-rez", insiste Laurence.

L'objectif de la séance est de les encourager à s'octroyer des coups de coeur, de temps en temps. "Apprendre à consommer, avec modération, des choses que l'on aime, pour obtenir un véritable plaisir gustatif. Cela demande un climat d'écoute et de dégustation attentive".

Guidées par la voix de la diététicienne, Rita et Kathia vont, tour à tour, respirer le chocolat, le toucher, le laisser fondre par petits morceaux, varier leur respiration...Dix minutes de dégustation, pour dix grammes de chocolat. Et au final ? "Hé bien...c'était un plaisir intense", affirme Rita. "Et j'ai l'impression d'avoir mangé assez de chocolat".

"A partir du moment où on est rassasié de plaisir, on arrête de manger", analyse Laurence Dieu. "Et comme on est dans une société de surconsommation où les quantités proposées sont plus grandes, réapprendre à écouter ces signaux est fondamental pour modérer nos apports alimentaires". Un conseil qu'elle donne aux diabétiques et aux autres. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK