Josiane et sa famille parmi les 600 locataires expulsés chaque année en Région bruxelloise

Josiane et sa famille
Josiane et sa famille - © Tom Denis

Il y a environ 5000 demandes d’expulsion judiciaire par an en Région bruxelloise, ce qui représente 1,5% des ménages locataires, selon une extrapolation de l’Observatoire de la Santé et du Social basée sur les faibles données disponibles en la matière.

Environ 1200 expulsions sont autorisées par les juges. Certains locataires évacuent le domicile sans intervention de la police et des huissiers. Mais 600 expulsions sont véritablement effectives.

Ces chiffres sont restés stables entre 2013 et 2017, affirment les auteurs du rapport publié fin octobre.

Parmi les expulsés, beaucoup de familles

Dans les locaux du syndicat des locataires situé à Anderlecht, ils sont nombreux à chercher de l’aide pour des problèmes de logements. C’est le cas d’Adila. Elle est en instance d’expulsion et complètement désemparée dans l’attente de la décision du juge.

Adila et son mari n’ont plus payé leur propriétaire depuis quelques mois à cause de dépenses inattendues et des économies très faibles. "Avant d’arriver dans notre logement à Anderlecht, nous n’avions pas de problème d’argent", explique-t-elle. "Maintenant, on a un peu de difficultés et ces derniers mois nous n’avons pas payé le loyer".

C’est très difficile pour moi. Je m’isole parfois pour pleurer. Je ne veux pas que les enfants voient cela

Josiane, elle, est à la rue depuis quelques jours. C’est sur le parking d’un supermarché que nous la rencontrons. Elle est accompagnée de ses quatre enfants, cartable sur le dos, bien habillés, bien coiffés, des sourires sur leur visage. "J’appelle des amis pour savoir s’ils peuvent m’héberger, un jour ou deux. En ce moment, je suis chez une amie. Elle m’a proposé sa maison pour trois jours. Après je vais chercher un autre logement pour dormir avec mes enfants", témoigne la jeune mère.

Le calvaire commence il y a cinq ans. Josiane loue un logement privé près de la gare du midi à Anderlecht. Elle paye son loyer dans les temps mais l’appartement est insalubre. Après quelques années, n’en pouvant plus, elle interpelle le bailleur pour qu’il améliore la situation. Ce dernier n’accepte pas la requête. Après une inspection des services d’hygiène, l’habitation est jugée insalubre. La famille est alors expulsée. "C’est très difficile pour moi. Je m’isole parfois pour pleurer. Je ne veux pas que les enfants voient cela. C’est très difficile d’être à la rue avec des enfants."

En Région bruxelloise, seuls les locataires de logements sociaux ne peuvent pas être expulsés pendant la période hivernale. Les autres, les locataires des logements privés, comme Adila ou Josiane, n’ont pas d’autres choix que de chercher une autre résidence ou bien de se retrouver dans la rue.

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