Jeunes embrigadés pour le djihad: les communes engagent des médiateurs

Ils sont plusieurs à être partis en Syrie ou Irak pour y faire la Guerre Sainte (illustration).
Ils sont plusieurs à être partis en Syrie ou Irak pour y faire la Guerre Sainte (illustration). - © Capture d’écran Youtube

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 350 Belges sont partis en Syrie ou en Irak pour faire la Guerre Sainte. Et parmi eux, de nombreux jeunes Bruxellois, radicalisés ici, avant de partir là-bas pour le djihad. A Molenbeek, à Schaerbeek ou encore à Anderlecht, on engage en ce moment des médiateurs pour empêcher ces départs, ou encadrer les retours. Mais ces communes doivent travailler avec peu de moyens et surtout peu d'informations.

A Molenbeek, les autorités communales s'inquiètent. Sarah Turin (échevine) voit des jeunes partir vers l'Irak ou la Syrie. "Dans le centre historique, on connait facilement une personne qui est partie ou qui fait partie d’une famille qu’on connaît…"

Les éducateurs de rue assistent également au phénomène. Naji Hakim, leur directeur, en est témoin. "Pour les jeunes qui en parlent explicitement, c’est peut-être une manière d’exister. Sinon, il y a aussi des indicateurs (par exemple une rupture au niveau familial) qui font que tel ou tel individu pourrait assez facilement tomber dans ce genre de travers…"

Des jeunes qui, du jour au lendemain, divisent le monde entre fidèles et infidèles, bon musulman et non musulman. Et qui réécrivent l'actualité à la lumière des théories complotistes.

Une donne qui complique le travail de prévention des éducateurs. Les communes n'ont pas (non plus) accès aux informations sur ceux qui partent ou reviennent. "Pour ce qui concerne la Syrie, c’est secret d’État !, reprend Sarah Turine. On nous dit qu’il y a six personnes qui sont rentrées de Syrie et qui se trouvent actuellement sur le territoire de Molenbeek. Mais moi, je n’ai aucune information !"

Aucuns noms, à Molenbeek... A Schaerbeek, la police filtre aussi les informations qu'elle diffuse. "Il y a bien une synergie pour pouvoir libérer quelques noms, répond le commissaire Roland Thiebault, mais ce sont généralement des gens pour lesquels il n’y a pas d’enquête judiciaire en cours."

Les médiateurs que les communes engagent auront-ils accès à ces informations ? Sans cela, leur travail risque d'être compliqué.

Les communes concernées ont droit à 40 000 euros par an pour engager ces fameux médiateurs. Ils seront engagés, pour la plupart, dans les semaines qui viennent.

Hélène Maquet

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