Jeune patient décédé à Gosselies: acquittement requis pour l'infirmière

Les urgences de l'hôpital ND de Grâce à Gosselies
Les urgences de l'hôpital ND de Grâce à Gosselies - © Google Street View

Le tribunal correctionnel de Charleroi a entendu lundi le réquisitoire et les plaidoiries dans un dossier d'homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution à charge d'une infirmière. La victime est un jeune homme de 16 ans, décédé en avril 2008 aux urgences de l'hôpital Notre-Dame de Grâce de Gosselies (Charleroi).

Le jour des faits, l'adolescent, souffrant d'un handicap mental, avait été pris d'une crise de vomissements. Sur conseil du médecin généraliste, sa mère l'avait conduit immédiatement aux urgences où il a subi une prise de sang et a été placé sous perfusion et monitoring. Les vomissements, de plus en plus noirâtres, se sont néanmoins poursuivis et vers quatre heures du matin, son rythme cardiaque s'est fortement accéléré.

Selon le parquet, le médecin, initialement poursuivi mais blanchi depuis lors, s'était toutefois montré rassuré après la réception des résultats de la prise de sang. Or, l'état de l'adolescent n'a cessé de se dégrader jusqu'à sa mort, vers 06h30 du matin.

Suite à la plainte déposée par les parents de la victime six mois après son décès, une procédure avait été ouverte pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution. Seule une infirmière, active depuis 1976, répondait ce lundi de cette prévention.

Un expert légiste a été désigné pour analyser les gestes médicaux effectués ce jour-là mais selon la substitute Dutrifoy, "les trois rapports qu'il a rendus se contredisent, se basent sur des éléments erronés et prennent parti pour le médecin contre l'infirmière". Qui plus est, le parquet constate que le lien causal entre une faute éventuelle de la prévenue et le décès n'est pas avéré. "Si un médecin avait été appelé, il n'est pas certain que l'enfant aurait pu être sauvé", a rappelé le Ministère public qui a requis l'acquittement de l'infirmière.

Me Degrève, conseil de la partie civile, a déploré les imprécisions du rapport, estimant que l'avis d'un collège d'experts aurait été nécessaire.

L'avocat des parents de la victime reconnaît que la prévention d'homicide involontaire tient difficilement la route, mais qu'une non-assistance à personne en danger aurait pu être retenue à charge de l'infirmière.

Me Deblock, conseil de l'infirmière, a pour sa part plaidé l'acquittement.

Jugement le 4 mai.


Belga

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