Jeune fille renversée à Schaerbeek: le suspect, un récidiviste, a été inculpé et libéré sous conditions

 Le suspect, un récidiviste, a été inculpé et libéré sous conditions.
Le suspect, un récidiviste, a été inculpé et libéré sous conditions. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le parquet de Bruxelles confirme que le suspect arrêté hier et mis à disposition du parquet de Bruxelles, a été présenté aujourd’hui à un juge d’instruction.

L'homme ayant déjà été condamné dans le passé pour des faits similaires, et étant en déchéance du droit de conduire, le parquet de Bruxelles a requis un mandat d’arrêt pour accident avec délit de fuite ayant provoqué des coups et blessures volontaires. Le juge d’instruction a auditionné le suspect, l’a inculpé et a décidé de le libérer sous conditions, parmi lesquelles figure celle de ne pas conduire de véhicule.

En cas de non-respect des conditions imposées par le juge d’instruction, l'inculpé pourrait être placé en détention préventive. Lorsque l’enquête sera terminée, le parquet pourra solliciter son renvoi devant le tribunal pour qu’il réponde de ces faits.

 

L’homme, qui est connu de la justice, est poursuivi pour coups et blessures volontaires avec la circonstance aggravante du délit de fuite et récidive. Il était actuellement sous l’effet d’une condamnation avec déchéance du permis de conduire.

Au moment des faits, il roulait dans une voiture de location qui avait été louée sous un autre nom. Il risque entre 1 mois et 8 ans de prison à cause de la récidive.

L’état de la victime, lui, est stable. Mais l’adolescente, grièvement blessée, est toujours à l’hôpital.

 

Un collectif réagit

Le collectif 1030/0 réclame diverses mesures après l'accident. La commune bruxelloise connaît une série noire depuis plus d'un an. Plusieurs accidents graves dus à des chauffards s'y sont produits, le dernier en date étant celui provoqué par un homme en état de récidive, roulant sans permis de conduire, et qui a mené une fille de 14 ans à l'hôpital.

L'émotion est vive dans le quartier. Le collectif a organisé jeudi soir une réunion à laquelle ont participé une septantaine de personnes ainsi que l'échevine de la mobilité.

Plusieurs propositions concrètes

Le collectif préconise d'adopter plusieurs mesures. "Nous avons développé plusieurs propositions concrètes de réaménagement de certaines rues. Mais nous voulons aussi plus de contrôles et permettre à la police d'agir plus efficacement", a expliqué l'un des coordinateurs, Pieter Fannes.

Le collectif veut s'inspirer de ce qui se fait à Malines et Anvers où la police peut saisir pour une durée de 6 mois une voiture conduite par un chauffard au motif qu'elle est considérée comme une arme. La mesure repose sur l'article 30 de la loi de police qui permet à un agent de soustraire à la disposition de son détenteur un objet qui présente un danger pour l'intégrité physique des personnes. "A Malines, cela a effrayé", a assuré M. Fannes.

Le chauffeur serait privé de son véhicule pendant une longue période ou devrait s'acquitter de plusieurs mois de location si la voiture est louée, comme dans le cas de jeudi.

Le conseiller communal et député régional Arnaud Verstraete (Groen) a déjà interpellé le bourgmestre, Bernard Clerfayt, sur la question. Il reviendra à la charge mardi au conseil de police et mercredi au conseil communal.

Prudence de la commune

A la commune, on ne ferme pas la porte à une telle initiative mais on se montre prudent sur la question, et ce d'autant plus qu'en 6 mois, cet outil n'aurait été utilisé que deux fois en Flandre. La mesure fait l'objet d'une étude par les six zones de police bruxelloises en concertation avec le parquet, a-t-on indiqué au cabinet de M. Clerfayt.

Une autre méthode est privilégiée pour le moment. Elle repose sur l'intervention d'un juge et a déjà permis la saisie de trois véhicules en quelques semaines.

Quant aux contrôles, ils ont considérablement augmenté en un an: leur nombre dans la zone de police Bruno (Schaerbeek, Saint-Josse, Evere) a plus que doublé entre 2017 et 2018 et le nombre d'accidents avec lésion corporelle a baissé de 6% entre janvier-avril 2018 et la même période en 2019.

En attendant, la mobilisation citoyenne se poursuit. Le 28 mai, à la suite d'un accident survenu devant une école dans le même quartier, des ours en peluche avaient été accrochés aux barrières. Après l'accident de jeudi, le collectif 1030/0 va mener très prochainement une action de sensibilisation.

Si les contrôles ont augmenté, leurs résultats font parfois froid dans le dos: certains d'entre eux ont montré une vingtaine de cas de chauffards roulant à 90 km/h voire à 100 km/h à proximité de la Maison communale, a expliqué M. Verstraete.

 

 

 

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