Jeudi noir à l'usine NLMK-Clabecq où le conflit social s'enlise

Le vote prévu ce jeudi à NLMK-Clabecq n'a finalement pas eu lieu, de nombreux ouvriers ayant préféré rejeter le référendum. La grève se poursuit. Le dialogue est au point mort.
Le vote prévu ce jeudi à NLMK-Clabecq n'a finalement pas eu lieu, de nombreux ouvriers ayant préféré rejeter le référendum. La grève se poursuit. Le dialogue est au point mort. - © Rtbf

La grève se poursuit chez NLMK, à Clabecq. La tension est même montée d'un cran, ce jeudi. 
Vers midi, les syndicats ont rencontré les travailleurs. Objectif: un référendum sur une possible reprise du travail, 4 jours après le débrayage du département "cisaille" de l'usine. La reprise du travail est exigée par la direction avant toute négociation sur les conditions et la charge de travail.

Une petite centaine de travailleurs se sont donc rassemblés à l'appel des syndicats. L'ambiance était électrique. Et au final, il n'y a pas eu de vote. Une partie des "cisailleurs" ont carrément rejeté le référendum. C'est une lettre de menace de la direction visant les meneurs de la grève qui a crispé la situation. Tout le site est pratiquement paralysé, jusqu'à nouvel ordre. Les activités sur le site pourraient être bloquées jusqu'à lundi, voire au-delà. 

Cisailleurs exténués

"Nous avons débrayé parce que nous sommes en sous-effectifs et que nos conditions de travail sont difficiles", explique un travailleur soucieux de garder l'anonymat. "La direction ne veut pas réellement nous écouter. Elle fait traîner les choses et reporte la faute sur les ouvriers grévistes. Les meneurs sont clairement visés. Or, les problèmes sont réels. Les mauvaises conditions de travail génèrent des risques dans l'usine. Il y a déjà eu plusieurs blessés. Il y a quelques années, un collègue est décédé. La charge de travail est rude. Et je comprends que certains collègues sont vraiment remontés. Le manque d'effectifs pose aussi problème pour l'organisation des congés. Beaucoup d'ouvriers sont à bout." D'autres travailleurs, inquiets, souhaitaient voter, ce jeudi midi. Mais face à l'exaspération de nombreux collègues, ils ont fini par s'éclipser.

Syndicats perplexes

Matteo Villani, délégué FGTB, dit comprendre l'énervement des cisailleurs (une centaine de travailleurs sur les quelque 450 que compte le site). Mais il se dit déçu du rejet catégorique du vote. "Ils auraient tout aussi bien pu voter non. Cela aurait eu le mérite de clarifier la situation actuelle. Je pense que la lettre de la direction a dû exacerber les tensions. Certains travailleurs se sont sentis menacés. Mais nous aurions tout de même souhaité la tenue correcte de ce référendum".

Pour  Gianni Di Dio, délégué FGTB, une des raisons de la crise actuelle est liée aux actionnaires. "Le budget est prêt à être bouclé au niveau des actionnaires. Mais tant que ce budget n'est pas approuvé, la direction n'est pas prête à dégager des moyens pour engager des intérimaires".

Avis tranché côté direction

Pour Marc Bianchi, directeur commercial de NLMK-Clabecq, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. "La grève enclenchée lundi est une grève sauvage. Quelques meneurs empêchent la majorité des travailleurs de s'exprimer. Ces meneurs bloquent toute l'usine. Nous regrettons le rejet du vote survenu ce jeudi. Les ouvriers doivent d'abord reprendre le travail. Nous pourrons ensuite négocier. Notre porte est ouverte au dialogue. Mais pas dans des circonstances pareilles".

Chacun campe sur ses positions. L'usine risque donc d'être encore à l'arrêt ce vendredi, voire pendant plusieurs jours.    

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