Coronavirus à Jette: le cimetière au rythme la crise sanitaire

Il y a eu ces six dernières semaines une hausse de 70% d'inhumations au cimetière de Jette
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Il y a eu ces six dernières semaines une hausse de 70% d'inhumations au cimetière de Jette - © RTBF

Il est 16 heures, le personnel du cimetière de Jette (en région bruxelloise) est toujours occupé, en ce lundi ensoleillé. "Toute cette parcelle-ci, ce n’est rien que sur deux mois", nous indique Philippe, membre de l’équipe, en montrant les sépultures les plus récentes. A l’aide d’une pelleteuse, les ouvriers communaux recouvrent un cercueil de terre. C’est déjà le troisième aujourd’hui, sans compter les deux dispersions de cendres et le dépôt d’une urne au columbarium.

61 inhumations au lieu de 36

"Oui, c’est plus que d’habitude, acquiesce Philippe que nous interrogeons à ce sujet. En général, il y a un enterrement par jour, parfois deux". Une impression corroborée par les statistiques du service de l’Etat Civil de la commune: 61 inhumations ont eu lieu à Jette, ces six dernières semaines, contre 36 sur la même période, l’an dernier.


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Surmortalité

Cette augmentation de plus de deux tiers reflète en partie au moins la hausse des décès au sein de la population jettoise, même s’il est difficile de connaître la situation exacte car cette donnée n’existe pas (ou pas encore). On sait qu’il y a eu 263 décès sur le territoire de Jette depuis le début de la pandémie et que l’an dernier, à la même époque il y en avait 139, mais cette statistique tient compte de tous les décès dans la commune, donc aussi des patients de l’hôpital UZ, ce qui fausse évidemment la donne. A l’inverse, les Jettois décédés dans d’autres hôpitaux ne sont pas repris dans les chiffres.

Plus de 10 homes à Jette

C’est en tout cas un ordre de grandeur comparable à la surmortalité de 80% estimée pour l’ensemble du pays par le centre de crise national, la semaine dernière. "Il faut savoir qu’on a beaucoup de homes à Jette, explique l’échevine de l’Etat Civil, Claire Vandevivere. Plus de dix homes, maisons de repos et résidences. Or, c’est un public qui est malheureusement fort touché par l’épidémie".

Situation parfaitement gérable

Pour autant, d’un point de vue des places et de l’organisation, le cimetière n’a aucun mal à faire face à cette augmentation du nombre d’inhumations. "Bien sûr que non, poursuit Claire Vandevivere, un cimetière c’est l’objet d’une gestion sur 5 ou 10 ans. Ici, c’est une augmentation de quelques dizaines d’inhumations. C’est énorme quand on pense aux familles endeuillées, mais on n’est pas dans des cas qui ne sont pas gérables. Chaque cas reste traité de la façon la plus digne par la commune".

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