Jette: des instituteurs du primaire n'ont pas été payés depuis septembre

Conflit entre plusieurs enseignants et l'enseignement communal de Jette.
Conflit entre plusieurs enseignants et l'enseignement communal de Jette. - © D. R.

C'est une information RTBF: plusieurs instituteurs de l'enseignement primaire de Jette, en Région bruxelloise, n'ont toujours pas été rémunérés depuis septembre 2017. Tous travaillent au sein des écoles dont le pouvoir organisateur est la commune. Selon nos informations, les enseignants sont au nombre de douze exactement, sept en charge du cours de philosophie et citoyenneté et cinq titulaires.

Déjà en 2016

Pour cette enseignante concernée, qui souhaite garder l'anonymat, à l'origine du problème il y aurait un blocage au niveau de l'administration communale. "Les services communaux doivent en fait signer et renvoyer un document appelé Fond12, qui lie l'enseignant à la Fédération Wallonie-Bruxelles", explique cette enseignante à la RTBF. "Sans ce document, l'enseignant n'a pas de véritable statut juridique auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles et donc pas de salaire."

Lorsque le collectif d'enseignants découvre en octobre dernier qu'il n'a toujours pas perçu son salaire de septembre, il pense d'abord à une erreur, un oubli. "Mais nous ne pensions pas que cela allait se répéter. L'an dernier, plusieurs d'entre nous avaient déjà eu le cas, pendant plusieurs mois. Mais on ne s'imaginait pas que cela allait se reproduire une nouvelle fois."

Des enseignants endettés

Face au retard, les enseignants sollicitent une avance, que paiera cette fois la commune de Jette. "Mais le montant de l'avance est bien inférieur au montant de notre salaire. Une enseignante travaillant à mi-temps n'a reçu que 600 euros nets contre 1200 euros normalement. Une enseignante temps-plein percevra 1000 à 1200 euros au lieu de 1800 euros. De plus, cette avance n'est parfois pas versée. Ou alors, deux mois après les prestations. Ou encore, quand elle est versée rapidement, c'est 10 jours après la fin du mois presté. Autant dire que pour les familles qui ont des crédits ou des factures, elles se retrouvent rapidement prises à la gorge avec des dettes et des mises en demeure d'huissiers."

A plusieurs reprises, les enseignants sollicitent et obtiennent des rendez-vous avec les responsables de l'administration communale de Jette. "Mais les réponses qui nous ont été fournies n'étaient pas satisfaites. On nous propose des avances dont on connaît déjà les travers. Mais nous, nous voulons que nos dossiers soient enfin en règle. Il n'est pas normal qu'après avoir presté un mois de travail, nous ne soyons pas rémunérés et que nos dossiers ne soient pas en règle."

Notre interlocutrice ajoute également que les avances doivent être remboursées dès que le salaire "normal" est versé, mettant souvent une nouvelle fois l'enseignant en difficulté. "Ce n'est pas tout: les mois non payés ne sont pas pris en compte dans le calcul de la prime de fin d'année. Bref, c'est maintenant la deuxième année que cela se produit! C'est un véritable scandale."

Une solution promise ce mois-ci 

Pour l'échevin de l'Enseignement francophone de Jette, Geoffrey Lepers (MR), les dossiers des instituteurs sont complexes "suite à la réforme des titres et fonctions". "Mais la situation devrait se régulariser encore ce mois-ci selon ce que me dit l'administration. Entre-temps, la commune de Jette leur a versé chaque mois des avances sur salaire." Des avances qui restent fortement contestées. Pour rappel, la réforme entrée en vigueur en 2016 assure, selon la Fédération Wallonie-Bruxelles, "une plus grande équité entre les enseignants, une professionnalisation renforcée des métiers et une meilleure adéquation entre les demandes d’emploi et les offres disponibles dans les écoles."

En grève ce lundi

Reste que face au blocage, les enseignants jettois qui attendent leurs salaires ont décidé de partir en grève ce lundi 11 décembre. "Dans notre mouvement, nous serons rejoints par d'autres enseignants", nous explique notre témoin.

 

 

 

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