Jeter les vieux cahiers de l'école primaire: sacrilège?

Ils s'entassent dans les greniers
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Ils s'entassent dans les greniers - © liz west Flickr notebooks2

Quelques jours de vacances pluvieux peuvent être l'occasion de faire du rangement dans les greniers. Et de tomber nez à nez avec une bonne dizaine de cartables, de piles de cahiers et de vieux bricolages cabossés. Entre les partisans du "classement vertical" et les sentimentaux, la question des archives divise. Mais que dit la loi, au fait?

Candice vit avec trois enfants sous son toit, "une fille à moi, et deux belles-filles". Dans cette famille recomposée, les fardes, cahiers, manuels scolaires occupent de plus en plus de place au grenier "un tiers du grenier! Mais j'ai eu un problème d'inondation j'ai dû jeter récemment..." Une petite catastrophe, pour cette maman montoise, qui "garde tout tout tout! mes parents ont fait pareil, et j'étais très contente de retrouver mes cours beaucoup plus tard. J'y suis très attachée!"

D'un point de vue strictement légal, les parents peuvent faire le grand nettoyage. "Dans l’enseignement primaire, il n’y a légalement parlant aucune obligation de conserver ces documents", nous écrit l'administration générale de l'enseignement (Fédération Wallonie Bruxelles). "Les pouvoirs organisateurs peuvent toutefois imposer des normes en la matière, demander aux parents de conserver les documents pendant une période, ou les centraliser au niveau des écoles".

Nous avons posé la question à Pascal Molle, directeur de l'école communale de Huissignies (Chièvres). Pour lui, ce qu'il est préférable de conserver, ce sont des copies des documents les plus importants. "Copie de l'attestation de réussite du CEB, ou des bulletins". A part ça? "Cela peut être intéressant de garder les journaux de classe, ainsi que des exposés par exemple. Si l'enfant a fait des recherches sur un sujet en particulier, cela peut servir plus tard, dans le secondaire, ou bien à un petit frère, une petite sœur". Même raisonnement pour les cahiers de synthèse ou d'exercice. Des bases pour les révisions, même plusieurs années plus tard! "Les tables de multiplication, les formules mathématiques, la conjugaison...cela ne change pas! Cela peut aider les parents, pas forcément outillés pour aider leur enfant". A l'intérieur d'un même "cycle scolaire" (donc 1ère-2ème / 3ème-4ème, 5ème-6ème), il peut être utile de garder les cours, surtout si l'enfant est amené à changer d'établissement scolaire. Cela permettra d'évaluer son niveau.

Des archives à l'école aussi

De son côté, l'école conserve ses propres archives. "Les examens de fin d'année des élèves, les bulletins, le CEB...On garde ces documents une vingtaine d'années, on ne sait jamais ce qui peut arriver!". D'autres documents importants restent à l'école, nous explique Angélique Staquet. L'épouse du directeur est également institutrice en deuxième primaire à Huissignies. "On garde les carnets de cote, et on se transmet, d'instituteur à instituteur, le dossier de l'élève". Complété plusieurs fois pendant l'année, "à chaque période", le dossier de l'élève est "le résumé des compétences de l’enfant, de son comportement. S’il arrive à l’heure, des choses comme ça. C’est une mine d’infos". Il arrive que les instituteurs se replongent dans les examens de l'année précédente, afin de mieux comprendre la situation d'un élève en difficulté. "On sait par exemple qu’il avait 6/10 en grandeurs mais on ne sait plus ce qui ne fonctionnait pas. Alors on peut retourner voir dans le détail".

Dans l’enseignement secondaire, les documents de l’année en cours et de l'année précédente doivent être conservés afin d’être présentés au besoin aux services d’inspection.

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