Jean-Pierre Verscheure déçu de ne pas faire partie de Mons 2015

Jean-Pierre Verscheure ne se considère pas comme un collectionneur. Il possède tout de même quelque 750 équipements. "Ma démarche vient du fait que je voulais collectionner les formes de spectacles cinématographiques, pour voir l’évolution du spectacle cinématographique. Pour cela, il me fallait des équipements", raconte ce prof de l’INSAS.

Un cinématographe Lumière

Jean-Pierre Verscheure a alors établi la liste des objets qui pourraient lui permettre de retracer l’histoire du cinéma. "Et aucun musée ne possédait tous ces objets, je me suis alors dit que mon projet était utopique." Jusqu’au jour où par hasard, il a fait une découverte étonnante. En allant chez un vieux libraire, il a trouvé un cinématographe au grenier. Pas n’importe lequel d’ailleurs. "Un cinématographe lumière… Que j’ai su remettre en état. Un peu plus tard, c’est le premier haut-parleur que j’ai découvert dans un vieux cinéma qu’on abattait."

Après 20 ans de recherche, le Montois a réussi à rassembler 750 équipements cinématographiques et 700.000 pages de documentation. Mais il a également des films dans leur format d’origine. "Il faut voir les films sur les appareils pour lesquels ils étaient prévus. Cela n’a aucun sens d’aller voir un film des frères Lumière au cinéma aujourd’hui. Il faut le voir sur un cinématographe Lumière." Sa collection a été mise à l’honneur il y a deux ans, lors d’une exposition au Mundaneum. Et depuis plus rien…

''Mons 2015'' n'a montré aucun intérêt alors que... 

Il espérait pouvoir participer à Mons 2015, mais personne ne semble intéressé par ses équipements. "C’est une petite déception. Surtout que le thème de Mons 2015, c’est Là où la technologie rencontre la culture. Avec le cinéma on est en plein dedans puisque le cinéma, c’est un subtil mélange de fond et de forme. C’est d’abord une histoire qu’on raconte, à l’aide d’une forme qui suit l’évolution de la technologie", précise Jean-Pierre Verscheure. Ce passionné de cinéma s’est donc tourné vers la médiathèque à Paris. Sa collection y est déjà presque entièrement. "Les institutions internationales sont intéressées, mais pas ma propre ville…", regrette-t-il.

Sa collection sera donc visible en 2015, hasard du calendrier, lors d’une exposition temporaire à Paris. "J’y disposerai de 3000 m² pour mettre mes équipements en valeur."

Sarah Libbrecht

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