Jacques Van de Velde ne laboure plus ses champs depuis 1994

Nous sommes à Vaulx-les-Chimay, dans le Hainaut. Jacques Van de Velde est agriculteur depuis 44 ans. Depuis 1994, il n'utilise plus de charrue. Son tracteur tire un déchaumeur, un outil canadien conçu pour effectuer un travail superficiel au niveau du sol. L'exploitant agricole explique: "Quand les dents sont au sol, elles tournent avec l'avancement du tracteur et elles grattent le sol. Ce qui permet d'avoir un petit déchaumage de quelques centimètres. Grâce à sa largeur, je peux travailler beaucoup d'hectares par jour. Je passe plusieurs fois dans l'inter-saison. Cela m'aide à éviter la charrue. Cela fait germer toutes les mauvaises graines le plus rapidement possible avant de passer le semoir".

Un sol particulier

Dans cette région, le sol a certaines caractéristiques. Jacques Van de Velde poursuit: "Nous nous trouvons dans une zone où il y a des cailloux et même de la roche. Une charrue dans les cailloux ne fait pas bon ménage".

Eviter l'érosion

Pol Braine s'est spécialisé dans le matériel agricole de précision. Depuis une vingtaine d'années, il invite les agriculteurs à ne plus labourer le sol notamment pour éviter l'érosion. Pol Braine explique: "L'érosion, c'est tout simplement le fait que nous essayons d'éviter que la terre, sur des terrains en pente, ne s'écoule sur les routes ou dans les villages. Le fait du non labour maintient la matière organique en surface. Ce qui retient l'eau tout simplement. Elle s'infiltre mieux dans la terre".

D'autres avantages

Pol Braine voit d'autres avantages dans le non labour: "Si vous labourez un sol, il faut deux mois pour se régénérer, pour se remettre dans un état normal de vie au niveau microbien. Si on travaille en non labour, dans ce cas la vie microbienne reste en place et se développe. L'université de Leipzig en Allemagne a prouvé qu'en quatre ans, on multiplie la quantité de verres de terre par trente-huit au mètre carré. Aussi, au niveau de la portance des sols, c'est très important. Un outil lourd qui passe sur un sol labouré va s'enfoncer. Ce même outil lourd qui passe sur un sol non labouré depuis plusieurs années ne va pas s'enfoncer parce qu'il y a toujours cette charpente de matières organiques en surface. Ce qui fait que le sol résiste". 

Pas de regrets

Jacques Van de Velde ne regrette pas ses choix. Un seul tracteur suffit pour cultiver ses 150 hectares: "Moi, avac un tracteur, je fais la totalité du travail. Ce qui réduit les intrants, le mazout. Cela réduit les problèmes d'effets de serre, l'émanation de CO2 dans l'atmosphère".

Pour cet agriculteur, c'est tout bénéfice pour la planète et pour son portefeuille.

 

 

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