"J'ai changé de vie": Luc, des médicaments aux lames bien affûtées

Aiguiser des lames, tout un art
Aiguiser des lames, tout un art - © Joëlle Meert

Luc Cassart avait un poste à responsabilité dans une grosse entreprise. Il a décidé de changer de vie. Aujourd'hui il est affûteur-rémouleur indépendant et itinérant dans la région de Mons. Un métier qui avait pour ainsi dire disparu, mais pour lequel il existe une réelle demande.

Au volant de sa camionnette, Luc sillonne les routes du Hainaut. Sa spécialité: les couteaux, les ciseaux et tout ce qui ressemble de près ou de loin à une lame. Aujourd’hui il est affûteur-rémouleur. Rien à voir avec sa vie d’avant… Il y a trois ans encore, il dirigeait et coordonnait une équipe de 90 personnes dans une société qui livre les médicaments chez les pharmaciens. Et puis un jour c’est le ras-le-bol, le besoin de changement.

La charrette du rémouleur

Il a trocké son bureau pour une camionnette. C’est comme il l’appelle sa charrette de rémouleur. Il y a installé tout son matériel pour être itinérant et complètement autonome. Il ne lui manque que la cloche qui annonçait dans le temps l’arrivée du rémouleur.

Les couteaux, les ciseaux et tout ce qui ressemble de près ou de loin à une lame n'a plus de secret pour lui. Luc a dû apprendre son nouveau métier en France, parce qu'aucune formation n'existe en Belgique. Et puis, son certificat en main et avec des aides financières publiques il s'est lancé dans sa nouvelle activité d’indépendant. Petit à petit, il s'est fait connaître. En un an, il a constitué sa clientèle. Des restaurateurs, des coiffeurs, des toiletteurs pour chiens, les centres équestres, les bouchers, mais aussi les particuliers font appel à lui.

Tout un art

Dans son atelier roulant, Luc aiguise et affûte les couteaux, les ciseaux, les lames de tondeuses… Le geste est sûr et précis. Au micron près. " C’est plus que de l’expérience, c’est un art, explique Luc. Au début ce n’était pas facile. Mais à force de faire ces gestes on obtient un travail de qualité ".

Luc relance en quelque sorte une activité qui était tombée dans l'oubli. Les lames usées on les jetait et les rémouleurs avaient déserté les rues. Mais aujourd'hui à l'heure du recyclage et de la récupération, on jette moins, on entretient. Et les clients sont ravis d'avoir un artisan à qui confier leurs outils de travail. Ils économisent du temps et de l’argent.

Luc Cassart, alias "Luc Affût", ne regrette pas son choix : "Ce métier réunit ce que j’aime : le travail du métal, le contact avec les gens et l’indépendance". Au bout de presque deux ans d'activité, il envisage même à terme de développer sa petite entreprise, d'acheter une deuxième camionnette et de former à son tour un autre affûteur-rémouleur.

Joëlle Meert

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