Ixelles : Pascal Smet interdit de campagne à une terrasse du Châtelain

Le ministre Pascal Smet chassé d'une terrasse.
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Le ministre Pascal Smet chassé d'une terrasse. - © NILS QUINTELIER - BELGA

Nouvel incident entre Pascal Smet et un commerçant, mercredi. Après le clash (fortement contesté par le ministre bruxellois de la Mobilité) avec le chocolatier Wittamer au Sablon, cette fois, c’est au Châtelain, à Ixelles, que le ton est monté. Les faits se sont déroulés sur la terrasse du Pam Pam Café, rue de l’Aqueduc.

« Le ministre Pascal Smet voulait distribuer des tracts et faire son baratin sur la terrasse de mon établissement à la place du Châtelain », écrit sur Facebook Jean-Marie Vande Velde, patron du Pam Pam café. « Ma fille lui dit poliment que nous n’autorisions personne à faire sa propagande électorale auprès de nos clients. Pascal Smet l’a très mal pris, contrairement à ses collègues et adversaires politiques à qui nous l’avions refusé également et qui le comprenaient très bien. »

Le patron ajoute : « Parce qu’on n’a pas cédé, Pascal Smet n’a pas hésité à nous menacer de faire mesurer la terrasse afin de nous nuire. C’est beau un politicien et nous devrions faire confiance à ça ».

Le ministre conteste toute menace

Pascal Smet confirme à la RTBF avoir été invité à ne pas mener campagne sur une terrasse. Mais nie catégoriquement toute menace. « J’ai hier soir plaidé lors du marché du Châtelain pour un réaménagement de la place pour en faire un endroit de vie permanent et pas uniquement un jour par semaine. » Pour rappel, le projet de piétonnisation figure dans le programme de one.brussels la liste conduite par Pascal Smet aux élections de ce dimanche. 

« Cela ne semble pas être au goût de tous. Hier, un commerçant (un seul) m’a dit : ' Vous gênez en terrasse'. J’ai répondu que j’étais sur l’espace public et qu’une terrasse devait toujours rendre possible le passage des piétons (c’est la loi). » Une remarque formulée sur un ton léger, pas du tout menaçant, dit-il. « Après cette explication, j’ai poursuivi les discussions avec d’autres personnes plus loin. »

Ce jeudi matin, le patron du Pam Pam Café maintient le caractère menaçant. « S’il n’y avait pas eu cette menace, jamais je n’aurais posté un message sur Facebook. M. Smet était très fâché quand je lui ai demandé de quitter ma terrasse », nous explique Patrick Vande Velde installé au Châtelain depuis mai 2018.

Je me suis senti menacé par M. Smet

« Je me suis senti menacé, vraiment. Tout avait commencé lorsque ma fille a vu M. Smet faire campagne sur la terrasse. Elle est venue m’informer qu’il ne voulait pas quitter les lieux. Je suis donc venu soutenir ma fille. Pour moi, la règle est simple : pas de politique chez moi. Je suis apolitique. J’ai le même discours avec tous les politiques. Tous le comprennent, M. Smet moins visiblement. La terrasse était bondée. J’ai invité le ministre à quitter ma terrasse. Et en le raccompagnant vers la sortie de la terrasse, c’est là qu’il m’a dit que celle-ci n’est pas réglementaire, de manière menaçante. C’est un abus de pouvoir pour moi. En tant que ministre, j’estime qu’il n’a pas à se comporter de la sorte. Il doit pouvoir se tenir. » M. Vande Velde admet ne pas être au courant du projet de réaménagement du Châtelain porté par Pascal Smet. « L’incident n’est pas lié au projet et aurait pu se produire avec lui comme avec un autre. »

On le constate : la fin de campagne est tendue. Au Sablon, comme le relatait la RTBF, des commerçants ont décidé d’apposer des affichettes 'Stop Smet' sur leur vitrine, pour marquer leur refus du projet de piétonnisation de la place.

Selon nos informations, les altercations en campagne électorale impliquant Pascal Smet et des citoyens seraient extrêmement rares.

L'opposition du secteur taxis

Si des affichettes « Stop Smet » ont fait leur apparition au Sablon, certaines ont également fleuri sur les lunettes arrières de plusieurs taxis, comme nous l'a signalé un internaute. Il faut dire que plusieurs sociétés de taxis et organisations professionnelles de taxis sont en conflit avec le ministre de la Mobilité, qu'elles accusent de vouloir privilégier les plateformes de transport alternatives (type Uber) au détriment des taximans sous statut de travailleurs.

Autre constat dans le même secteur, l'association de taxis, Taxis United, a décidé de soutenir la CD&V Bianca Debaets pour les élections régionales de ce dimanche. Une vidéo et un appel viennent d'être diffusés sur les réseaux sociaux par l'entremise d'une des chevilles ouvrières de Taxis United, Khalid Ed-Denguir. Celui-ci soutient également Brigitte Grouwels, ancienne secrétaire d'Etat en charge du secteur des taxis. C'est à elle que l'on doit notamment les couleurs noires et jaunes obligatoires des véhicules.

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