Ixelles: lassés du bruit, les riverains du tram espèrent être entendus

Dans l’avenue de l’Hippodrome, à Ixelles, les riverains en ont assez des trams. Beaucoup d’entre eux ont signé une pétition. C’est le cas d’un opticien, Michel Anderson. Il lui arrive de devoir remettre en place des lunettes qui sont tombées de leur présentoir suite au passage des trams :

"Cela fait maintenant 30 ans mais les trams sont devenus de plus en plus grands et de plus lourds. Conclusions, les vibrations sont devenues de plus en plus fortes. Et nous demandons que les trams aient un dispositif pour rouler moins vite".

Le problème, c’est un dépôt de trams de la Stib, qui engendre un important trafic. Les nuisances sont surtout perceptibles au petit matin et tard le soir, lorsque les trams quittent le dépôt ou y retournent. Les riverains ont déposé un dossier de plainte auprès de Bruxelles-Environnement. Suite à cela, une enquête a été ouverte. Et l’on mesure actuellement à l’aide d’un micro, installé sur un balcon, les nuisances générées par les trams. Le problème, disent les riverains, c’est que depuis le début de l’enquête, les trams ont levé le pied… Benjamin Scheere est le représentant des riverains et des commerçants de l’avenue de l’Hippodrome, à Ixelles :

"La Stib a été informée qu’une campagne de mesure aurait lieu et malheureusement, le micro qui mesure les bruits est extrêmement visible. Donc, depuis que le micro a été placé, les trams roulent extrêmement lentement mais nous avons très peur que le rapport qui sortira de là sera une image complètement faussée de ce que nous vivons et se retournera contre nous".

Les résultats de l’enquête seront-ils faussés ? Donnera-t-on tort aux riverains ? Pas forcément, répond Fabienne Saelmackers, conseillère au département "Bruit" de Bruxelles-Environnement :

"Il y a des micros qui sont placés donc, effectivement, ça peut à un moment donné influncer le comportement des chauffeurs de trams mais nous en prenons tout à fait compte. Si on se rend compte que c’est une situation anormale, c’est clair, c’est un long processus, nous recommencerons les mesures et nous retournerons sur le terrain".

Du côté de la Stib, on s’étonne, car depuis 2006, il n’y avait pas eu de plaintes et l’on réfute avoir donné des consignes aux conducteurs de tram pour ralentir pendant l’enquête de Bruxelles-Environnement.

"En tous cas, la Stib n’a pris aucune mesure pour demander à ses chauffeurs, il n’y a pas eu d’ordre de service qui demandait à ses chauffeurs de rouler plus lentement. La limitation de vitesse à l’entrée du dépôt de l’avenue de l’hippodrome, comme à l’entrée de nombreux dépôts, est à 10km/h. C’est une mesure qui est respectée dans l’ensemble de nos dépôts", explique Françoise Ledune, porte-parole de la Stib.

La Stib ajoute que tout est fait pour réduire au maximum les nuisances...mais qu’un tram cela fait du bruit et cela en fera toujours.

 

Jean-François Noulet

 

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