Ixelles : la majorité s'attaque à la "mauvaise" publicité, l'opposition s'interroge sur la légalité

La commune d'Ixelles ne veut plus de pubs pour le sexisme, la malbouffe et tout ce qui est contraire au développement durable
La commune d'Ixelles ne veut plus de pubs pour le sexisme, la malbouffe et tout ce qui est contraire au développement durable - © THIERRY ROGE - BELGA

Femmes dénudées, moteurs rutilants, hamburgers : ces images publicitaires ont de moins en moins de chance d’apparaître dans l’espace public ixellois depuis un an. Dans son accord de majorité, la nouvelle équipe Écolo/PS a en effet décidé de s’attaquer aux publicités "en contradiction avec les valeurs défendues par la commune". Sont visés explicitement le sexisme, la malbouffe et tout ce qui est contraire au développement durable ou à la lutte contre le réchauffement climatique.

Par deux fois déjà, l’échevin écolo de l’urbanisme Yves Rouyet – c’est lui qui est chargé d’accorder ou non les permis pour les panneaux publicitaires — a fait retirer de façades des affiches : l’une pour de l’alcool, l’autre pour des voitures.

Plus vaste que ça, on meurt

Mais la décision passe mal dans les rangs de l’opposition cdH. Pour le conseiller communal Geoffroy Kensier, c’est une mesure floue et subjective : "Plus vaste que ça, on meurt. Ce serait interdire tantôt des baskets fabriquées en Asie, tantôt des kiwis de nouvelle Zélande, ou encore la publicité de l’office du tourisme de Thaïlande. Jusqu’où on va en fait ? On est ici face au fait du Prince".

Plus grave, selon le conseiller de l’opposition : les fameuses valeurs auxquelles se réfère la mesure n’apparaissent dans aucun règlement communal. "Le refus d’autoriser la pub pour de l’alcool, c’est parce que c’était mentionné dans la note de politique général, explique Geoffroy Kensier. Or, la note de politique générale est un document d’intention de la commune qu’il faut traduire dans un règlement communal. Ça n’a pas été fait. L’échevin se base donc sur un document politique plutôt que sur un document juridique. Cela peut avoir des conséquences dommageables pour les annonceurs et engendrer des frais de justice importants pour les citoyens ixellois". Le cdH craint en fait que les recours en justices se multiplient.

C’est nouveau, on expérimente

La majorité, elle, assume sa position. Pour Yves Rouyet, Ixelles est pionnière dans ce combat. Cela explique qu’elle y va à tâtons, mais avec de la conviction : "c’est nouveau, peu de communes se sont attaquées comme nous à l’envahissement publicitaire commercial. Et cela ne fait qu’un an qu’on est là. Donc on expérimente. Parfois ça passe, parfois ça ne passe pas. Et parfois on trouve des compromis", conclut l'échevin de l'urbanisme.

Des compromis ? Comme avec la fameuse bâche pour de l’alcool, qui aurait dû rester quatre mois. Yves Rouyet a voulu la faire enlever, l’annonceur a refusé. Alors pour éviter de longues procédures judiciaires, les deux parties se sont accordées sur une durée de deux mois.

 

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