Ixelles et Bruxelles-Ville : deux collèges communs par an pour gommer les frontières

Ixelles et Bruxelles-Ville: deux collèges communs par an pour gommer les frontières
Ixelles et Bruxelles-Ville: deux collèges communs par an pour gommer les frontières - © Belga Image

C’est une petite révolution dans la gouvernance locale. Deux fois par an, la commune d’Ixelles et la Ville de Bruxelles organiseront désormais une réunion de collège commun. Concrètement, les bourgmestres et échevins des deux communes se mettront à la même table pour coopérer dans les matières qui traversent les frontières communales. Ixelles-Bruxelles, Bruxelles-Ixelles : il faut dire que les deux communes sont particulièrement imbriquées.

Prenez la petite ceinture et son tronçon entre Louise et Porte de Namur. Dans les années à venir, il doit être réaménagé en profondeur. Un casse-tête très bruxellois en vue. Côté Toison d’Or, c’est Ixelles. Côté boulevard de Waterloo, c’est Bruxelles-Ville. Et au milieu, la voirie est régionale. Cet épineux dossier était donc naturellement sur la table du premier collège commun qui s’est tenu ce mercredi : ce qui a permis aux deux bourgmestres d’accorder leurs violons.

"Tout le monde est d’accord qu’il faut une vraie place pour le déplacement doux", entame Philippe Close (PS) au nom de la Ville de Bruxelles. "Il faut absolument que la plus-value soit très concrète, que les travaux n’engendrent pas de nouveaux déséquilibres ou attentes", complète le maïeur ixellois Christos Doulkeridis (Écolo).

On a l’obligation morale d’avoir de bons contacts avec nos voisins

Vision commune pour les campus universitaires de l’ULB et de la VUB, coopération au niveau des centres culturels et sportifs, création de crèches communes, etc. : la coopération sera multiforme, avec une attention particulière sur les quartiers limitrophes.

"Ce qui est important, c’est que deux communes regardent les problèmes en termes de propreté, d’aménagement, de stationnement tels qu’ils se posent dans ces quartiers-là et apportent des solutions concrètes", explique Christos Doulkeridis.

L’ambiance était très constructive

"Il n’y a rien de pire pour un citoyen qu’un responsable politique qui dit 'ah, désolé, ça, ce n’est pas chez moi, demandez à mon collègue', concède Philippe Close. On essaye de trouver des solutions globales et franchement, pour la première, l’ambiance était très constructive."

Face à la question lancinante de la répartition des compétences entre commune et région, Ixelles et Bruxelles veulent aller de l’avant. "C’est important. On dit souvent que Bruxelles est compliquée. Mais moi, je crois beaucoup aux bonnes volontés", glisse Philippe Close. "Les citoyens ne peuvent pas être pénalisés par cette complexité institutionnelle, poursuit Christos Doulkeridis. On a l’obligation morale d’avoir de bons contacts avec nos voisins."

C’est une démarche qui va dans le bon sens

A l’heure où plusieurs partis flamands demandent la fusion des 19 communes bruxelloises, cette collaboration volontariste peut être perçue comme une réponse constructive au débat. "On peut interpréter ça comme une volonté très pragmatique de montrer que les communes peuvent travailler ensemble, analyse Jean-Paul Nassaux, politologue au CRISP. C’est une démarche qui va dans le bon sens parce que cela procède d’une volonté de rationalisation."

En Région bruxelloise, si des collèges communs sont déjà organisés ponctuellement entre certaines communes, la Ville de Bruxelles et Ixelles sont les premières à systématiser le principe, avec deux réunions annuelles prévues au minimum. "La proximité des majorités a certainement facilité les choses, estime Jean-Paul Nassaux. Vous avez des socialistes et des écologistes présents dans les deux collèges."

Précisons qu’Ixelles a déjà fait savoir qu’elle compte entamer la même démarche avec les cinq autres communes qui la jouxtent. "A un moment donné, quand tu es bourgmestre, tranche Christos Doulkeridis, tu dois pouvoir dépasser les clivages politiques et discuter avec les autres autorités compétentes, quelle que soit la couleur politique."

 


 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK