Investir dans une éolienne ? Mieux qu'un compte épargne

Les éoliennes sont rentables mais les procédures pour obtenir un permis sont semées d'embûches.
Les éoliennes sont rentables mais les procédures pour obtenir un permis sont semées d'embûches. - © RTBF - Flou

L’année 2020 a été excellente pour l’énergie éolienne. Beaucoup de parcs ont battu des records d’exposition au vent, de production d’énergie et de rentabilité.

A l’image du parc Les Vents d’Arpes à Nivelles, dont les quatre éoliennes ont produit l’année dernière 34.819.461 kWh, soit l’équivalent de la consommation d’électricité d’environ 10.000 ménages. C’est une augmentation de 15% par rapport aux précédentes années. Et une très bonne nouvelle pour ceux qui ont investi dans le projet en 2017, la société Ventis et la coopérative citoyenne CLEF qui regroupe environ 1500 coopérateurs.

J’ai touché 3% de dividendes, mais je ne fais pas ça pour l’argent.

Dans cette coopérative, propriétaire d’une éolienne, la plupart des coopérateurs ont misé des petites sommes, quelques centaines ou quelques milliers d’euros tout au plus. "Personnellement, je possède 4 parts de 250 euros, explique Serge Switten, président de l’asbl Vent +. J’ai touché trois pourcents de dividendes cette année, 30 euros. C’est beaucoup mieux qu’un compte épargne ! Cela dit, je ne le fais pas pour gagner de l’argent, mais pour l’environnement et mes enfants."

Attention aussi que de l’argent investi dans une société coopérative n’a pas la même liquidité que de l’argent placé sur un compte épargne. Vous ne pouvez pas récupérer vos parts comme ça sur un claquement de doigts. Cela dépend des statuts de la coopérative, et l’investissement peut rester bloqué durant plusieurs années. C’est ce qui arrive aux coopérateurs d’un projet "citoyen" qui a tourné au fiasco : la mésaventure Enercoop.

Suite à une mauvaise gestion de la part des administrateurs, le capital investi a fondu comme neige au soleil. Pas une éolienne n’a été construite et les coopérateurs ont appris l’année dernière que leurs parts avaient perdu la moitié de leur valeur. Un certain nombre a souhaité récupérer son argent. Voici la réponse des administrateurs de la coopérative : "Nous enregistrons votre demande de quitter la coopérative. Elle aura effet le 1er janvier 2024, soit 8 ans après la date du paiement de vos actions, conformément à l’article 13 des statuts arrêtés par l’AGE du 25 novembre 2020. Le CA peut toutefois analyser votre situation et la motivation de votre retrait. Merci de nous envoyer des précisions sur la motivation de votre retrait."

La coopérative, aujourd’hui rebaptisée Altercoop, n’a laissé filer que les petits porteurs, ceux qui avaient misé moins de 200 euros dans l’aventure.

Moins de rentabilité à l’avenir ?

D’une manière générale, il est possible que la rentabilité des éoliennes s’amenuise un peu dans les années qui viennent. L’opposition quasi systématique de certains riverains aux nouveaux projets ralentit le processus de développement, augmente les frais d’études et de procédures.

Malgré la générosité du vent wallon en 2020, le nombre de nouvelles éoliennes inaugurées n’a pas été aussi bas depuis longtemps : à peine 24 nouveaux mâts. Selon Edora, la Fédération des entreprises des énergies renouvelables, environ 460 mégawatt/heure d’énergie éolienne sont bloqués par des recours devant le conseil d’Etat. Cela représente plus de 100 éoliennes.

 

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