Intérims et accompagnement personnalisé : la recette vers l'emploi ?

Grâce à la structure ''InterS'', les demandeurs d'emploi peuvent bénéficier d'un coaching personnalisé
Grâce à la structure ''InterS'', les demandeurs d'emploi peuvent bénéficier d'un coaching personnalisé - © Belga (illustration)

Décrocher un emploi quand on n'a pas de diplôme. Séduire en employeur quand on a trop peu d'expérience. C'est le défi que doivent relever deux demandeurs d'emploi sur trois, à Bruxelles. Pour y parvenir, les agences d’intérim social proposent des intérims et un accompagnement personnalisé.

InterS, à Saint-Gilles est un de ces bureaux d’intérim social chez qui s'est rendue Pauline Ngo Tonye.

Pauline est heureuse le nez dans les casseroles. Elle est arrivée en Belgique il y a trois ans, sans expérience et sans diplôme reconnu chez nous, mais avec le rêve de travailler en cuisine. ''En Afrique, on m'a toujours dit que quand tu arrives en Europe, même si tu balaies juste les rues, tu as ton argent. L’État te paie mais en ce qui me concerne, ça n’a pas été le cas. Les diplômes africains ne sont malheureusement pas acceptés ici comme qualification.’’

Alors, Pauline suit une formation. Et sa formatrice l'aiguille vers le bureau d'intérim social InterS. Après quelques conseils, Pauline décroche un premier job. ''Je me rappelle du premier coup de fil. J’étais toute émue. Il fallait commencer à sept heures du matin et à trois heures, j'étais déjà réveillée parce que je voulais vraiment commencer. J’avais hâte de vivre mon premier jour.’’

Corinne Charneux a accompagné cette candidate à l'intérim. A-t-elle des problèmes de garde pour ses enfants, de papiers, de dettes, d'attitude ? Pauline a pu bénéficier d'un coaching personnalisé . ''Pauline est une personne fort centrée sur la famille. Elle aime bien parler de tout ce qu’elle vit et de tout ce qu’elle a vécu. Dans l’entreprise par contre, la vie privée est quelque chose dont on ne parle pas. On a donc dû lui apprendre ça. On l’a aussi valorisée parce qu’elle se sentait un peu en-dessous des autres. On lui a dès lors rappeler qu’à présent, elle avait un savoir-faire.’’

Chaque intérim fait saliver Pauline Ngo Tonye, qui rêve d'un bon contrat fixe et à temps-plein. Ce n'est malheureusement pas monnaie courante dans l'horeca. Or les mi-temps, c'est l'effort du travail mais avec un salaire plus bas souvent que le chômage. La tentation de chômer gagne beaucoup de ces jeunes, mais Pauline s'accroche à son amour des petits plats.

Notez que cette structure "InterS" est un partenariat entre le privé Randstad, la mission locale de Saint-Gilles, et la Région bruxelloise. Après 4 ans d'activité, près de 400 jeunes très éloignés de l'emploi ont obtenu chez eux au moins un interim, et 101 ont fini par décrocher un contrat fixe.

Myriam Baele

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