Intérim: la vente de Trace! pourrait se conclure très rapidement

La société d’intérim Trace! Était détenue à plus de 98% par la Région wallonne.
La société d’intérim Trace! Était détenue à plus de 98% par la Région wallonne. - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

La société d’intérim Trace!, détenue à plus de 98% par la Région wallonne, va être vendue. Au départ, elle s’appelait T-Interim et était un "enfant" du Forem. Son histoire financière est marquée par une érosion constante de son capital. Même quand la conjoncture était porteuse, elle n’a pas profité des opportunités. Il était plus que temps de prendre une décision radicale.

Le discours officiel, c’est : "La situation de Trace! au plan financier n’est pas préoccupante mais la société peine à trouver sa rentabilité." Doux euphémisme pour une société dont le capital de départ - 19 millions d’euros - a fondu jusqu’à ne plus totaliser que 9,6 millions. La faute à une gestion politisée, dénonce l’opposition.

"Pour des raisons très certainement idéologiques, il y a eu dans ce dossier une volonté de s’acharner alors que tous les clignotants étaient dans le rouge", répond Christine Defraigne (MR).

Il se disait récemment que la trésorerie pourrait payer les salaires jusque fin décembre. La Région n’attendra pas jusque-là pour céder l’entreprise. Six acheteurs ont remis une offre. Les négociations se mènent aujourd’hui avec l’un d’eux, le Néerlandais Flexpoint.

"Son CA et son comité de direction sont occupés à l’analyse de l’offre qui a été remise, par une société qui aura des obligations de préservation de l’emploi, des conditions salariales et de l’identité wallonne de l’entreprise", explique Eliane Tillieux (la ministre en charge du dossier).

Le secteur de l’intérim a repris un peu de couleurs ces derniers mois. Mais Trace! semble incapable d’en profiter. Ce qui laisse penser qu’outre sa structure lourde et sa position concurrentielle délicate, l’entreprise n’a pas été gérée au mieux. "Il va falloir se poser la question maintenant a posteriori et regarder cela de plus près, pour voir si la gestion a été correcte, développe Christine Defraigne. Je n’y mettrais pas ma main au feu…"

Trace!, qui contribue à l’emploi de 1100 personnes, a perdu 4 millions d’euros en 2012, 2 millions en 2013 et 2014 s’annonce du même tonneau. A part un éventuel refinancement des pouvoirs publics ou une restructuration drastique, la vente était donc devenue inévitable. Elle pourrait se conclure très prochainement.

Carl Defoy

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