Institut des Dames de Marie: le professeur nie être d'extreme droite

La direction de l'Institut des Dames de Marie est embarrassée
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La direction de l'Institut des Dames de Marie est embarrassée - © RTBF

Dans la commune de Woluwe-Saint-Lambert à Bruxelles, la direction de l'Institut des Dames de Marie est pour le moins embarrassée. Dans ses rangs, elle compte un professeur sympathisant des idées d'extrême droite. La direction a tenté d'empêcher l'engagement de cet élément plutôt gênant, question de réputation. Comme le précise le journal "Le Soir", le professeur en question ne peut être écarté. Un professeur qui nous a déclaré n'avoir jamais tenu des propos d'extrême droite sur son blog. De son côté, la ministre de l'Education a demandé une mission d'enquête.

La directrice de l'établissement explique qu'elle a découvert les tendances politiques de cet enseignant au moment de son engagement. Sauf que légalement, elle a été contrainte de l'accepter : "Dès son engagement, nous étions au courant puisque les informations qui le concernent sont très accessibles sur internet. Donc, au moment de son engagement, nous avons décidé d'être très vigilants par rapport à tout cela, mais malheureusement nous étions contraints par le statut des enseignants d'engager cet enseignant. Parce que cet enseignant a acquis un certain nombre d'années d'ancienneté, que cela lui a donné des droits et donc, il a été nommé dans d'autres établissements. Il a ensuite fait valoir ses droits pour compléter son horaire dans mon établissement. Raison pour laquelle nous n'avons pas eu la liberté de recrutement que nous revendiquons", explique Isabelle Warichet.

De son côté, Robert Steuckers, le professeur contesté, se défend d'être de tendance extrême droite : "Non, je ne suis pas un intégriste religieux ; non, je ne suis pas intégriste religieux, protestant, chrétien ou musulman, ou n'importe quoi; je ne suis pas pour les formes qu'a prises l'extrême droite avec des musiques skinhead ou des accoutrements, je suis hostile à cela, je vous le dis carrément ; je ne suis pas un nationaliste, mais je suis un Européen, je suis pour la construction européenne en Europe, au-delà des nationalistes qui ont coûté à l'Europe justement les deux guerres mondiales, un massacre sans nom qu'on a justement déploré au cours de l'année 2014".

Au cabinet de la ministre de l'Education, Jöelle Milquet (cdH), on est pourtant sans équivoque. Robert Steuckers aurait même effacé tous les éléments pouvant l'incriminé. Joëlle Milquet invite le pouvoir organisateur de l'école à introduire une procédure disciplinaire : "Ce qui pose question avant tout, c'est d'avoir des expressions et un attachement à l'idéologie d'extrême droite, même dans sa vie privée, assumée publiquement, et qui peut avoir évidemment une répercussion sur la manière d'enseigner et qui, en terme d'image, n'est évidemment pas ce qu'il convient à donner à des élèves. Et donc, déjà dans le cadre actuel, il y a une possibilité de recours disciplinaire", a déclaré la ministre.

En attendant, Joëlle Milquet a demandé une mission d'enquête par le Service général de l'Inspection aux motifs que les activités professionnelles du professeur seraient incompatibles avec sa profession.

Avec K. Azzouz

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