Insertion professionnelle : trop peu de formations sont disponibles

Insertion professionnelle : trop peu de formations sont disponibles
Insertion professionnelle : trop peu de formations sont disponibles - © RTBF.be

Interpeller les CPAS, le Forem, l'Onem, mais aussi les pouvoirs publics de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur les effets négatifs des politiques d'activation contre les demandeurs d'emploi: c'est l'action qu'entreprend le Réseau liégeois d'Alphabétisation. Ce collectif, épaulé par la FGTB et la CSC, regroupe 43 associations de terrain ou écoles d'alphabétisation du bassin liégeois.

Leur constat: il y a trop peu de formations disponibles par rapport à la demande. Plus d'un millier de personnes sont en effet en attente d'une formation en alphabétisation, rien que pour la région liégeoise. Ce sont les moins qualifiés qui sont une fois de plus les plus fragilisés.

Il n'y a pas d'emplois, mais il n'y a pas assez de formations en réinsertion non plus, crie haut et fort le Réseau liégeois d'Alphabétisation. S'il n'y en a pas, c'est tout simplement parce que les budgets octroyés par les pouvoirs publics font défaut, face au nombre de demandeurs.

Les sanctions ne cessent de s'alourdir sur les épaules des moins ou des non qualifiés et les contrôles sont de plus en plus bureaucratiques: loin de viser à la réinsertion professionnelle.

Hugues Henry, directeur de Lire&Ecrire Liège Huy-Waremme, porte-parole du Réseau. "Le dernier sondage que nous avons fait auprès des associations de notre réseau montrait à peu près un millier de personnes inscrites sur liste d’attente pour entrer en formation. Les gens sont demandeurs. Ils poussent, insistent, viennent nous voir tous les jours pour entrer en formation et malheureusement nous n’avons plus de place avant plusieurs mois, voire plusieurs années".

Mais les sanctions d'exclusion frappent encore plus durement ceux qui sont déjà précarisés socialement: il y a 10% d'illettrés en Belgique, rappellent les associations. "On est dans des apprentissages de base : lecture, écriture et français oral. Les gens sont poussés à trouver du boulot, il n’y en a pas. Aujourd’hui ils doivent trouver une formation et il n’y en a pas non plus".

Dans les prochaines semaines, la campagne de protestation du Réseau liégeois d'Alphabétisation s'étendra à l'ensemble de la Wallonie et de Bruxelles.

Alain Delaunois

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