Inscriptions dans le secondaire: l'enseignement qualifiant est siphonné par le général

La première phase d'inscriptions dans l'enseignement secondaire démarre cette semaine. Les élèves ont jusqu'au 4 mars pour choisir leur école. Au terme de cette procédure, un certain nombre d'établissements (surtout à Bruxelles et dans le Brabant wallon) enregistreront beaucoup plus de demandes que de places disponibles et afficheront "complets".

Cela ne risque pas d'être le cas dans les écoles proposant un enseignement technique et professionnel à partir du deuxième degré. Depuis une dizaine d'années, suite à la réforme du premier degré, qui est désormais commun à toutes les écoles, les établissements de l'enseignement qualifiant ont littéralement été siphonnés par les écoles offrant un enseignement général à partir du deuxième degré.

A Namur par exemple, au Centre Asty Moulin, le directeur général Marc Bertrand s'attend à inscrire seulement une quarantaine d'élèves cette année. "C'est trois fois moins qu'il y a dix ans, explique-t-il. Comme le premier degré est désormais le même dans toutes les écoles, les parents se disent: "On va d'abord essayer le général". L'enseignement qualifiant conserve une image un peu négative, moins prestigieuse que le général."

Outre la réputation d'écoles "difficiles" sur le plan de la discipline, l'image de l'enseignement qualifiant est associée au déclin de l'industrie wallonne. Pourtant, des filières de formation industrielle ou du secteur de la construction restent très pourvoyeuses d'emplois. En outre, les filières techniques et professionnelles se sont beaucoup diversifiées, notamment dans le secteur des services et de l'aide aux personnes.

C'est à partir de la troisième et la quatrième année que les élèves atterrissent dans les écoles proposant l'enseignement qualifiant, qui présentent désormais une pyramide des âges inversée. "Nous avons beaucoup plus d'élèves en 5e et 6e années que dans le premier degré", commente Marc Bertrand.

Cela ne serait pas trop grave si beaucoup de ces élèves récupérés sur le tard par le qualifiant n'avaient accumulé entre-temps des échecs et des frustrations dans des écoles qui n'étaient pas nécessairement faites pour eux. Beaucoup sont désorientés lorsqu'ils arrivent dans l'enseignement qualifiant.

Cela fait vingt ans que la revalorisation de l'enseignement technique et professionnel est inscrite à l'agenda politique. Avec très peu de résultats jusqu'à ce jour.

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