Inquiétudes autour du sort des salles "historiques" du Musée Royal de l'Armée

Inquiétudes autour du sort des salles "historiques" du musée royal de l'Armée
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Inquiétudes autour du sort des salles "historiques" du musée royal de l'Armée - © Tous droits réservés

A Bruxelles, le grand projet de rénovation du Musée Royal de l'Armée inquiète certains amoureux du patrimoine militaire national. Ils craignent d'assister au démantèlement des deux salles dites "historiques" du musée, situées à l'entrée. Citoyens, asbl et professionnels se mobilisent pour préserver ces lieux en l'état, en respectant le style choisi il y a près d'un siècle.

Une sorte de musée dans le musée

Vitrines remplies d'armes et d'uniformes, murs chargés de tableaux, bouquets d'épée dans tous les sens... les salles "historique" et "technique" du musée [dites 'salles historiques'] ont, il est vrai, un visuel surchargé. Mais le plus ancien conservateur du musée, Paul Dubrunfaut, tient à cette disposition particulière. Selon lui, c'est le "témoignage" d'une époque, une sorte de musée dans un musée. 

"On montre comment le musée était au début, il y a quasiment 100 ans. Ces salles ont été très peu modifiées", explique-t-il. Pour cette raison, dit le conservateur, "ces salles doivent être conservées comme un sanctuaire". 

"Je ne suis pas contre la modernité," assure-t-il, "mais il y a des choses qu'il faut préserver. On parle d'un patrimoine qui va au delà des frontières de la Belgique. Tous les conservateurs de musée avec lesquels nous parlons nous disent que c'est quelque chose d'exceptionnel et qu'il faut le protéger". 

Paul Dubrunfaut n'est pas le seul à s'inquiéter du grand projet - encore flou - de rénovation du musée. Une pétition réclamant le classement - et donc la protection - de ces deux salles a récolté pas moins de 12.500 signatures. Et la mobilisation a été payante, puisqu'un classement temporaire des salles "technique" et "historique" a été obtenu via la Région bruxelloise.

La direction veut annuler le classement

Mais le War Heritage Institute (WHI), nouvel organisme qui gère patrimoine du musée, tient à son grand projet de rénovation. Pour son directeur (a.i.) Michel Jaupart, un classement aurait pour conséquence de "figer les choses". Or, explique-t-il, "nous voulons faire entrer le musée au 21e siècle." 

Il pointe notamment un problème de lisibilité:"Nous voulons permettre au visiteur de comprendre ce qu'il voit, plutôt que de lui proposer une présentation à l'ancienne relativement incompréhensible". Par ailleurs, assure Michel Jaupart, dans son projet, le War Heritage Institue compte "préserver la salle 'historique' [celle avec les uniformes et les drapeaux] et respecter son esprit". Mais il admet que "le contenu et l'emplacement de la salle 'technique' [celle avec les armes à feu]" seront complètement repensés. 

Pour pouvoir effectuer tous ces changements, la direction du WHI a donc déposé un recours en annulation devant le Conseil d'Etat contre le classement de ces deux salles. En retour, le WHI s'est vu attaqué devant la Cour constitutionnelle.

C'est donc le début d'une saga juridique qui devrait durer plusieurs mois. Entre temps, le sort de ces fameuses salles est en suspens.

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