Inquiétude autour des terrains de foot synthétiques en billes de pneu recyclé

Sur ce terrain de foot ixellois, l'herbe synthétique disparait et les granulés de caoutchouc sont de plus en plus visibles
Sur ce terrain de foot ixellois, l'herbe synthétique disparait et les granulés de caoutchouc sont de plus en plus visibles - © Tous droits réservés

Certains terrains de football en gazon synthétique suscitent de sérieuses préoccupations. Plusieurs études ont déjà montré qu'ils pourraient être dangereux pour la santé. Récemment, un reportage sur France2, donnait la parole à une entraîneuse de foot américaine qui a recensé 250 cas de joueurs atteints de cancers du système lymphatique. Des villes comme Amsterdam et New York, invoquant le principe de précaution, ont d'ailleurs décidé d'interdire ce type de terrains. A Bruxelles aussi, on commence à se préoccuper de la santé des joueurs qui s'entrainent sur ce type de terrain.

Combien de terrains à Bruxelles?

La ministre en charge du sport à Bruxelles, Fadila Laanan, attend un cadastre actualisé des infrastructures sportives concernées. En attendant, personne ne sait précisément combien de terrains synthétiques sont réalisés à partir de ces petites billes de pneu broyé. A Ixelles, le conseiller communal ecolo, Yves Rouyet, membre du centre sportif, tire la sonnette d'alarme : "Le terrain de foot du centre sportif est surexploité, une trentaine d'équipes au moins s'entrainent ici. Résultat, le terrain est usé jusqu'à la corde et la fausse herbe qui le recouvrait a presque disparu laissant apparaître les granulés noirs que l'on retrouve sur les joueurs après l'entrainement. "

Les joueurs, très jeunes parfois, ont déjà entendu parler de la nocivité potentielle de ce genre de revêtement. Mais pour eux, pas d'alternative, ce terrain est l'unique terrain d'Ixelles. Il a été installé il y a quatorze ans. Aujourd'hui, une trentaine d'équipes se le partagent.

A Ixelles, une trentaine d'équipes se partagent l'unique terrain de foot

Yves Rouyet a déjà fait les comptes. Pour remplacer le revêtement, il faudrait débourser 280.000 euros. Une urgence, selon ce conseiller communal qui plaide pour que les travaux soient entamés dès l'été. A la commune d'Ixelles, on aurait d'ailleurs déjà commencé à travailler sur le remplacement du terrain.

En région bruxelloise, beaucoup d'autres communes disent ignorer ce qui compose leurs terrains synthétiques. Ce matin, sur l'antenne de Vivacité Bruxelles, la ministre en charge des sports, confirmait la commande d'un cadastre pour identifier les surfaces problématiques. Et en attendant, elle appelle à la prudence, et souhaiterait par exemple que l'on arrête de subsidier ce genre de terrain.

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