Inondations : que prend exactement en charge l’assurance habitation ? Et à quoi faire attention ?

Après les inondations de la mi-juillet en Wallonie, les sinistrés se tournent vers les assureurs. Les compagnies d’assurances font face à une situation exceptionnelle. Malgré cela, ceux qui étaient bien assurés seront indemnisés. Mais la situation, pour certains, n’est pas si simple puisque leur maison doit être démolie, selon les autorités, ce que contestent les assurances.


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Patrick Cauwert, porte-parole des courtiers en assurance, était invité sur La Première ce jeudi. Il donne quelques conseils.

Que faut-il avoir comme assurance pour couvrir les dégâts des inondations ?

"On parle simplement du contrat assurance habitation que la plupart des gens possèdent, et surtout les propriétaires, peut-être un peu moins certains locataires pour le contenu. Cette assurance couvre d’office, c’est une obligation légale, les catastrophes naturelles, dont les inondations. Le contrat interviendra donc dans tous les cas.

L’assureur s’engage à payer la reconstitution du bien. C’est la valeur à neuf de construction. En cas de sinistre total, on paye une nouvelle maison. Ça, c’est clair. Quand on a un sinistre partiel, on répare avec des matériaux neufs : on vous met une nouvelle porte, un nouvel escalier, etc.

L’évaluation du contenu est parfois un peu plus compliquée, on oublie parfois de réévaluer son contenu et on est donc un peu en sous-assurance. Mais de nouveau, en cas de sinistre total, ça n’a pas d’impact, on payera la totalité".

L’assurance prend également en compte le loyer qu’on va payer, peut-être pendant un an ou deux, le temps de pouvoir se reloger.

"L’assurance prend en charge ce qu’on appelle le chômage immobilier, qui est la perte de la valeur locative de l’immeuble si on est propriétaire, ou du loyer si on est locataire. C’est donc la valeur locative de l’immeuble qui est prise en charge par l’assureur pendant la durée des travaux".

A Pepinster, une cinquantaine de maisons doivent être démolies. Le bourgmestre s’est exprimé, ses experts lui ont conseillé de démolir 50 maisons par manque de stabilité. Mais les assurances disent que certaines peuvent être simplement rénovées. Évidemment, les assurances, dans ce cas-là, ne vont payer que la rénovation. Mais si, malgré tout, le bourgmestre persiste et veut démolir, comment se passe l’arbitrage ?

"En général, quand deux experts ne sont pas d’accord, c’est un troisième expert qui tranche. On n’y est pas encore, mais c’est comme ça que ça se passe. Il y aura soit un accord entre les experts, avec de nouveaux éléments techniques qui sont pour le moment ignorés d’une des deux parties, parce qu’on va quand même très vite sur des sinistres très graves avec des modifications de bâtiments et il faut parfois attendre un peu que ça sèche pour voir comment ça évolue, donc ne nous inquiétons pas trop.


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Quelle que soit la solution, l’assureur s’y pliera. Donc, si les experts arrivent à la conclusion qu’il faut démolir l’immeuble, l’assureur payera lui-même, et si tous les experts sont d’accord, qu’on peut réparer, reconstruire ou remettre en état une partie du bâtiment existant, il y aura indemnisation aussi".

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