Inondations en Hainaut : des maisons vides et des sinistrés entre quatre murs qui moisissent.

Ils auraient pu faire la Une des journaux. Mais l’attention médiatique s’est focalisée sur la province de Liège plus durement touchée par les inondations historiques du mois de juillet. Et pourtant, se promener dans la rue Lambot à Aiseau-Presles, c’est comme visiter un village fantôme. Des camionnettes d’entrepreneurs sont garées devant les maisons. "Les propriétaires ne sont pas là. Nous, on essaye de sauver les meubles." Les portes ouvertes ne sont plus l’indice d’une présence dans la maison. Une habitation sur trois est grande ouverte, vide et personne à l’intérieur.

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À force de frapper à toutes les portes, nous finissons par rencontrer Mehmet. En tenue de travail, il est bien le propriétaire des lieux. "J’en profite pour tout refaire. L’eau est montée au rez-de-chaussée. On a déjà tout évacué et maintenant on refait les poutres des étages et les escaliers. Tant qu’à travailler, j’aimerais bien que toute la maison soit belle. Moi j’aime bien ma maison. Je suis bien ici. Ces inondations ne vont pas me faire partir." Plusieurs maisons dans la rue ne pourront pas profiter des mêmes soins. Scellés de police ou barrière devant l’entrée. "Celle-là, elle est déclassée, je pense.", lance un entrepreneur. Le sol s’est apparemment affaissé et toute la structure a bougé.

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Mehmet profite de la situation pour rénover entièrement sa maison. © Tous droits réservés

Plus au Sud de Charleroi, Thérèse vit dans sa petite maison au bord de l’eau à Ham-Sur-Heure. La rivière a carrément traversé sa maison avec un mètre de hauteur. Encore aujourd’hui, l’humidité et la moisissure prennent au nez quand nous entrons dans son salon. À 67 ans, les larmes de Thérèse coulent aussi rapidement que l’Eau d’heure dans son salon. "On m’avait placé ma nouvelle cuisine il y a un an à peine. Et là, il faut tout remplacer. Je dois tout recommencer à zéro. Heureusement j’ai reçu des meubles de mon neveu et des voisins." Frêle, la petite dame s’interrompt plusieurs fois pour tousser. Et on imagine bien l’effet des moisissures sur ses bronches.

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Plus loin, encore des fenêtres et des portes ouvertes pour aérer les lieux. Une jeune maman nous accueille avec le sourire. Les murs autour d’elle sont piqués de taches de moisissures. "Il faudra refaire le plafonnage, on le sait. Heureusement, nous étions en travaux et il n’y avait pas tellement de meubles dans les pièces. C’est plus le bâtiment qui a pris les dégâts. Mais vu les désastres ailleurs, on est encore préservés."

Sa voisine est moins optimiste. "Ici l’eau a complètement inondé la cave. La réserve de mazout s’est renversée. J’ai versé six kilos de poudre à lessiver pour cacher l’odeur insupportable." Ici, la catastrophe c’est aussi la réaction des assurances. "Ils ne veulent rien payer. Je dois payer 13.000 euros pour la dépollution et refaire l’installation de chauffage. Et ils trouvent des failles pour ne pas payer." 

Des histoires qui se croisent et se complètent l'une, l'autre pour former les réalités humaines encore difficiles presque deux mois après les inondations en Hainaut.

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