Inondations en Belgique : en colère, le bourgmestre de Pepinster pointe du doigt la Croix-Rouge "aux abonnés absents"

Deux semaines après la crue, la Croix-Rouge est "aux abonnés absents", fulmine ce jeudi le bourgmestre de Pepinster Philippe Godin. "Nous n’arrivons pas à avoir une aide efficace sur le terrain malgré nos demandes répétées qui restent sans réponse", s’insurge-t-il.

"Nous avons centralisé toutes les aides, mais nous avons besoin d’une structure qui vienne approvisionner les habitants et permettre ainsi à nos services communaux d’être actifs sur le terrain", a expliqué jeudi Godin, à l’occasion de l’annonce dans sa commune d’une action conjointe de Comeos et Assuralia en faveur des sinistrés.

Nous n’avons plus de magasins, plus rien, une structure pour nous soutenir est donc essentielle

"On ne voit rien venir, il n’y a pas de volonté dans le chef de la Croix-Rouge", déplore le bourgmestre "La Croix-Rouge dit qu’elle va venir évaluer la situation mais je pense que, 15 jours après les événements, celle-ci a eu largement le temps d’évaluer les besoins sur le terrain" ajoute-il encore.

Dévastée, Pepinster ne retrouvera pas une vie normale avant plusieurs mois au moins, selon lui. "Nous n’avons plus de magasins, plus rien, une structure pour nous soutenir est donc essentielle", martèle Philippe Godin.

 

" Notre rôle n’est pas de suppléer les pouvoirs publics"

En réaction aux propos de Philippe Godin, la Croix-Rouge dit comprendre l’énorme émoi de la population et ses questionnements pour le futur. Elle rappelle cependant qu’elle est avant tout un acteur humanitaire et que son rôle n’est pas de suppléer les pouvoirs publics et les différentes structures existantes, mais de travailler en complémentarité avec eux. L’ONG précise également qu’elle est présente dans 14 zones sinistrées, dont Pepinster, depuis les graves inondations des 14, 15 et 16 juillet.

"Au début de la semaine dernière, nous avons demandé à la commune de Pepinster si ils avaient besoin de nous mais vu l’énorme mobilisation citoyenne, les autorités communales n’ont pas répondu positivement à notre sollicitation" explique Marie Masset, porte-parole de la Croix-Rouge.

Depuis lors, à la demande de la commune, La Croix-Rouge a entrepris la distribution de repas chauds et coordonnera sous peu le centre d’accueil et de dons.

Le coup de gueule du bourgmestre est intervenu ce jeudi alors que les fédérations du commerce (Comeos) et des assurances (Assuralia) avaient fait le déplacement pour annoncer le lancement de l’action "Commerce cares". Celle-ci permettra aux sinistrés, après obtention d’une attestation de leur assureur, de bénéficier de réductions dans une série de magasins non-alimentaires entre la 4 août et le 4 septembre. Tous les détails et commerces participants sont disponibles sur le site www.commercecares.be.

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