Inondations, catastrophes : comment en parler, en famille ?

Depuis plusieurs jours, des images de désolation envahissent les écrans. Les enfants les voient, se posent des questions, s’inquiètent. Certains font des cauchemars. Comment aider les plus jeunes ? Faut-il les éloigner des écrans, ou au contraire leur dire la vérité ? Toute la vérité ? La solidarité peut être une manière de traverser cette période difficile.

Le toit d’une voiture, au milieu d’un torrent d’eau. L’image a marqué Joséphine. "Je ne savais pas que c’était possible", raconte la petite fille de 7 ans. Elle a aussi entendu parler de "catastrophe", de "victimes". Tout ça pas très loin de chez elle, finalement. Timothée, 9 ans, "savait que ça pouvait arriver". Mais ce qui l’a surpris, "c’est que ça arrive à tant de gens. Que tant de gens doivent se réfugier sur le toit de leur maison. Que tant de gens, des parents, des enfants, aient peur". Dans ces deux familles, les drames de ces derniers jours occupent beaucoup de conversations. Et pour Marine Moyaerts, psychologue à Mons, c’est une bonne chose de parler, en famille. C’est même son premier conseil, pour éviter les traumatismes.

Répondre aux questions, sans tabou

"Si les enfants sont suffisamment grands pour cela, il faut leur demander comment ils se sentent, s’ils ont des questions. Les amener à parler de leurs émotions, et répondre, sans détour, à ce qu’ils demandent. Même si cela concerne les victimes : si l’enfant pose la question, c’est qu’il est capable d’entendre la réponse". Avec des enfants beaucoup plus jeunes, cela peut être mission impossible. "Le parent peut alors commencer, lui-même, à décrire ce qu’il a ressenti. Dire à son enfant, tu as peut-être vu des choses à la télévision qui t’ont fait peur ? Moi j’ai eu peur. J’ai trouvé ça vraiment bizarre. Et toi ?" Avant l’âge de 4 ans, cette psychologue déconseille d’exposer les enfants à des images trop difficiles. "Si c’est possible, veillez à les regarder plutôt sur l’écran d’un smartphone, ou d’une tablette. Ne laissez pas la télévision du salon allumée constamment".

Une autre solution pour accompagner son enfant, c’est de pointer des éléments positifs dans ce contexte difficile. "Insister sur toute l’aide qui a été donnée, les gens secourus, mis en sécurité", explique Marine Moyaerts. "Autre possibilité : proposer à l’enfant de faire quelque chose pour aider les gens qu’il a vus, ou qu’il imagine, en détresse. Lui demander s’il veut faire un peu de tri dans ses affaires, s’il veut participer à une action collective ? Mais jamais en le forçant ! Cela doit venir de lui, comme les questions qu’il amène sur la table…"

La solidarité, pour accepter l'impensable

Chez Timothée, justement, on a décidé de s’impliquer, pour la bonne cause. La grande sœur, Margot, déjà très engagée du haut de ses 11 ans, a pris le contrôle des opérations. "Je me suis demandée de quoi j’aurais besoin, si moi je me retrouvais, comme tous ces sinistrés. Nous ici on a de la place, on a une grande maison à la campagne. On est en hauteur, sur une butte, en plus : ils sont sûrs de ne plus être inondés !"

La famille se propose d’accueillir, chez eux à Maffle (Ath) une autre famille. En allant les chercher s’il le faut, et "le temps qu’il faudra pour réparer leur maison" précise Timothée. S’il doit partager sa chambre? "Pas de problème. Et comme ça, en plus, je me ferai de nouveaux copains".

Un élan solidaire, ponctué de réflexions sur l’avenir de la planète. "On les a déjà beaucoup sensibilisés au dérèglement climatique, aux risques que cela peut impliquer", précise Marie, la maman. "Moi je me dis que la Terre nous envoie des signaux", conclut Margot. "Elle nous dit stop c'est bon, vous allez trop loin!".

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