Infor Jeunes se met en scène pour dénoncer les dérives du décret inscriptions

Le décret insciptions est sensé lutter contre la ghettoïsation de l’enseignement.
Le décret insciptions est sensé lutter contre la ghettoïsation de l’enseignement. - © Julian Stratenschulte (Archives EPA)

Lundi, c’était le premier jour des inscriptions en première secondaire. Le moment de remettre le formulaire unique, avec un choix d'écoles. Officiellement, depuis le décret mixité, les places dans les écoles les plus prisées sont attribuées selon des critères transparents: plus question pour les directions des écoles de faire leur shopping parmi les élèves qui correspondent le mieux à leurs établissement. Pourtant, dans la pratique, cela ne se passe pas toujours de la sorte, estime Infor Jeunes. L'association s'est d’ailleurs rendue dans l'une des écoles jugées frileuses au changement, pour faire une parodie d'inscription.

Devant les portes de l'institut Saint-André, à Bruxelles, on retrouve deux comédiens. Un faux-père, en survêtement de sport, qui vient inscrire sa fille, la marionnette Marie-Dounia (belgo-tunisienne). Deux caricatures entourées de médias qui se placent dans la file des parents venus pour une inscription. Les parents, ici, ont dans les mains des copies des derniers bulletins, et un formulaire réalisé par l'école, qui demande (entre autres) le statut économique des parents.

Ces documents ne sont pas conforme à l'esprit du décret inscription, dénonce Infor Jeunes. "Ce n’est pas çà la procédure d’inscription en première, déclare Chantal Massaer (directrice). Le formulaire unique – et c’est tout – avec un volet confidentiel qui doit être remis sous pli (…) Un certain nombre d’écoles en tous les cas vont au-delà. Et je crains que ce ne soit pour sélectionner socialement leur public."

La directrice reçoit les comédiens et joue le jeu, même s'il est grinçant. Les comédiens lui demandent alors pourquoi ces documents supplémentaires? La directrice leur répond: "pour mieux connaitre nos futurs élèves." Nouvelle question : "pourquoi mentionner sur le site internet quelques 200 euros de frais scolaires?" Réponse de la direction : "pour l’encadrement des élèves." Une direction qui se veut à son tour incisif : "Vous croyez vraiment que l’argent tombe du ciel ?" Mais, rebondit un intervenant, "l’école n’est-elle pas sensée être gratuite ?"…

La directrice maintient: ce payement et ces documents demandés sur le site internet sont utiles. Et d’ailleurs, ils ne sont pas obligatoires. On peut s'inscrire sans.

Le bras-de-fer continue : le site internet ne devrait alors pas les mentionner, relance Infor Jeunes. Ces détails peuvent décourager des enfants précarisés ou en difficultés scolaires qui y liront: cette école met la barre haut et n'est pas pour vous.

Infor Jeunes Bruxelles-Laeken spécifie que le cas de l'institut Saint-André à Bruxelles n'est pas un cas isolé, parmi les écoles très prisées de Bruxelles.

Myriam Baele

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