Infanticide devant les Assises de Namur: la maman face à ses secrets

Une femme intelligente qui s'exprime sans difficulté mais très vite on se demande ce qu'elle pense réellement. On perçoit bien des moments de mal-être dans le box. Notamment lorsqu'elle revoit certaines photos des lieux. Mais ce qui transparait, c'est sa capacité à dissimuler la vérité.

Lundi, la juge d'instruction a dit et redit combien elle avait été abusée par les déclarations de l'accusée. Les enquêteurs ont dû débusquer un à un les secrets de cette femme ; des secrets derrière lesquels il y a trois autres enfants qui ont été abandonnés car l'accusée ne voulait pas envisager d'avortement.

Tout cela risque de se retourner contre elle au moment où l'on va aborder le déni de grossesse, le principal argument de sa défense. C'est évident qu'une personne qui a pris l'habitude de mentir à ses proches et aux enquêteurs suscite la méfiance. Les jurés vont donc être deux fois plus attentifs aux petits signes qui viendraient contrarier la thèse de la défense.

Le réquisitoire sera aussi très important. Et sans nul doute l'avis des experts. Car est-il possible pour une femme qui a eu six grossesses et qui connaît en principe bien son corps, de ne pas sentir qu'elle est enceinte ? Premier élément. Et puis, surtout, de ne pas sentir les contractions qui apparaissent bien avant l'accouchement ?

Enfin, pourquoi avoir caché les éléments du drame ? Car si le chien des voisins n'avait pas emporté la dépouille de l'enfant, l'accusée l'a reconnu, elle aurait probablement conservé son secret.

Le procès, lui, devrait durer cinq jours ; jusque vendredi donc, aux Assises de Namur.

Patrick Michalle

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