Infanticide à Arbre: la maman écope de 10 ans de prison pour homicide volontaire

Pour Vincent Macq, procureur du Roi de Namur qui représentait l'accusation au procès, les jurés ont une grande latitude pour fixer la peine. De trois à trente ans. Et donc "des circonstances atténuantes sont envisageables pour descendre la peine jusqu'à 3 ans, si telle est la volonté des jurés. Et je ne m'opposerai pas au sursis. C'est une faveur que je fais à l'accusée. Je ne pense pas que c'est en prison qu'elle pourra se reconstruire." Et le parquet avait conclu en réclamant une peine de 5 ans de prison avec un sursis probatoire.

Un réquisitoire qualifié d'"humain" par la défense. Car l'avocat de la maman a estimé aussi que sa cliente devait bénéficier de circonstances atténuantes. Notamment, l'altération de la conscience, l'absence d'antécédents judiciaires et le parcours de vie difficile.

Mais la surprise est venue vendredi soir des jurés qui n'ont pas entendu les arguments en faveur du sursis. Et même plus, ils ont estimé que pour avoir tué un enfant l'accusée devait avoir une peine plus élevée : deux fois celle réclamée par l'accusation ! Mais, en analysant l'arrêt rendu, il apparaît que les jurés insistent aussi sur la personnalité "manipulatrice" de l'accusée. Ces dissimulations successives qui ont laissé visiblement une impression négative. En résumé, son parcours de vie pas facile a aussi joué contre elle.

Les jurés, en condamnant l'accusée à une peine supérieure à cinq ans, lui ont aussi supprimé tout espoir de sursis, par les conditions de la loi. Un piège "légal" pour les jurés et l'accusée, car rien ne permet de considérer que ces jurés ne lui auraient pas accordé le sursis si leur volonté n'était pas tant de la renvoyer à nouveau en prison, mais simplement de ne pas infliger une peine trop basse en regard de la gravité du fait commis.

A cet égard plusieurs juristes présents au procès soulignaient l'intérêt de revoir ce plafond maximum de la peine pour le sursis (5 ans) car le sursis pourrait être appliqué alors à des peines plus élevées et permettre ainsi d'éviter à certains la case prison tout en leur laissant une lourde épée de Damoclès sur la tête en cas de récidive.

Patrick Michalle

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