Industrie du bois: le marché belge déstabilisé par les exportations en Chine

Industrie du bois: le marché belge déstabilisé par les exportations en Chine
Industrie du bois: le marché belge déstabilisé par les exportations en Chine - © RTBF

La Belgique va-t-elle voir bientôt disparaître ses dernières scieries qui découpent les arbres feuillus? Les carnets de commande sont pourtant pleins, mais les scieries ont de plus en plus de mal à s'approvisionner en chêne. La faute au marché chinois qui ponctionne plus de la moitié de nos chênes et fait exploser les prix. 

Nous nous sommes rendus ce samedi dans cette scierie presque centenaire de Faux-les-Tombes.  Le samedi, c'est le jour d'entretien des différentes machines. Il faut que tous les outils soient opérationnels dès lundi matin pour découper le bois le plus demandé depuis quelques années: le chêne.  Une matière noble très à la mode qui sera ensuite transformée en porte, en châssis ou encore en parquet.  Même si ces derniers mois, les machines ne tournent plus à plein régime faute de chêne en suffisance. "On a du travail tant qu'on veut mais impossible pour nous maintenant de travailler vu le manque de matière première.  On met nos hommes en chômage économique, tout dépend des périodes si on arrive à avoir du bois ou pas" explique Jérôme Hontoir, 4eme génération de scieur.

La scierie aimerait acheter davantage de bois, mais l'offre n'est plus suffisante, et surtout les prix ont plus que doublé en trois ans. "Sur les trois dernières années, le chêne a pris entre 20 et 25% par an" précise Jérôme Hontoir.

60% du chêne exporté vers l'Asie

Mais où vont alors les 144.000 mètres cubes de chêne vendus chaque année en Wallonie?  En grande majorité en Chine qui les transforme et les revend ensuite en Europe et aux Etat-Unis.  En quelques années seulement, ils sont devenus les principaux acheteurs du sud du pays.  François De Meersman, secrétaire général de la confédération bois explique: "En 2016, on estimait qu'il n'y avait encore que 35 à 40% du volume de chêne qui était exporté vers la grande exportation, vers l'Asie.  Un an après, on est probablement à plus de 60%".

Il faut protéger nos scieries de feuillus

L'entreprise familiale comme les six autres scieries de Wallonie tirent donc la sonnette d'alarme.  Si rien n'est fait, elle devra bientôt mettre la clé sous le paillasson. "Dans les cinq ans à venir, si nous ne prenons pas de décision au niveau du Gouvernement régional ou du Gouvernement central pour protéger les scieries de feuillus, il n'y aura plus de scierie de feuillus, comme il n'y a plus de textile, comme il n'y a plus de charbonnage ou comme il n'y aura plus de sidérurgie.  Donc, nous sommes assis sur un massif forestier où il est devenu impossible d'acheter un bout de bois" explique Christian Hontoir, 3eme génération de scieur.

D'autres pays comme la France ou l'Allemagne ont déjà protégé leurs scieries en leur réservant une partie des chênes abattus.
Un décret wallon prévoit également cette possibilité.  Mais en quantité beaucoup trop limitée pour garantir la survie d'un secteur pourtant très porteur.

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