Incivilités dans les parcs: comment se débarrasser des Pokémons?

Parc de Bruxelles - certaines pelouses ont disparu
Parc de Bruxelles - certaines pelouses ont disparu - © Hélène Maquet

Le phénomène touche les lieux publics, les parcs, les bâtiments historiques : des dizaines de "dresseurs" se rassemblent, le nez dans leur smartphone pour chasser les Pokémons dits "rares" et les "Pokéstops", ces endroits où recharger leurs munitions.

A Bruxelles, le Parc Royal est un de ces hotspots. Les dresseurs de Pokémons viennent de loin pour y chasser. Thomas et Donovan ont pris le train depuis Verviers. "On savait qu'il y avait énormément de Pokémons, ici. Il y a entre 150 et 200 personnes par jour qui viennent autour de cette grande fontaine".

Le spectacle est impressionnant. Gamins à trottinette ou employés en costume venus passer leur temps de midi, ils ont tous un point commun : le smartphone et le fil qui le raccorde à la batterie de poche.

"Quand on voit des mouvements de foule, on commence à courir"

Tout jeunes ados venus profiter du dernier jour des vacances, Guillaume et Archibald nous expliquent comment ça se passe.

"Quand il y a des mouvements de foule, on voit beaucoup de gens courir, on demande ce qu'il se passe. En en général, on commence à courir très vite, sans même vraiment savoir ce qu'on va attraper". Quitte à courir un peu n'importe où ? Voire, sur les pelouses ? "Oui, oui... évidemment".

D'ailleurs, il suffit de regarder l'état des abords de la fontaine. "Le gros problème, c'est la pelouse qui est piétinée", explique Ahmed El Ktibi, l'échevin des Propriétés Publiques à la Ville de Bruxelles. "C'est un terrain qui est tout à fait chauve, si je puis dire. Et ça va nous coûter beaucoup d'argent!".

L'échevin fait appel aux joueurs. "On essaie de les sensibiliser pour qu'ils fassent attention parce qu'il y a plus de déchets, plus de dégradations. On touche aussi parfois les racines des arbres". Autre incivilité relevée, par l'échevin : "J'ai vu des gens traverser au rouge par dizaines une rue qui est très fréquentée par les voitures."

Peut-on faire disparaître ces Pokémons ?

Les autorités bruxelloises pouvaient-elles prévoir ces foules ? Ont-elles été prévenues que certains lieux allaient devenir des lieux d'affluence ?

"On n'a pas été informés, ni pour ce parc-là, ni pour le Bois de la Cambre, ni pour les autres parcs."

Aujourd'hui, l'échevin El Ktibi en appelle au respect par les joueurs et continue de penser que le jeu est un bon moyen de faire découvrir la Ville.

Mais pourrait-il demander le retrait des Pokémons ? Pour trouver la réponse, il faut poser la question à la société Niantic, qui a développé le jeu. Impossible, jusqu'ici, de trouver un responsable à appeler. Mais il existe une page où réclamer la suppression d'un Pokéstop ou d'une Arène (ndlr. un lieu où faire combattre des Pokémons entre eux et qui peut aussi drainer du monde). Il faut y remplir un formulaire. Mais les demandes sont-elles toutes acceptées ? Nous ne sommes pas parvenus à le savoir.

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