Incendie à la synagogue d'Anderlecht: une piste interne est envisagée

Incendie dans une synagogue d'Anderlecht
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Incendie dans une synagogue d'Anderlecht - © RTBF

Un incendie s’est déclaré mardi matin vers 5h40 dans une synagogue d'Anderlecht, située rue de la Clinique à Cureghem. Actuellement, la piste d'un attentat terroriste n'est pas la première exploitée. Selon plusieurs sources que nous avons pu contacter, les enquêteurs n'excluent aucune piste criminelle, y compris la piste interne. Un juge d'instruction a été saisi. Le ou les auteurs n'ont pas encore été identifiés. Ils risquent entre 15 et 20 ans de prison.

L'incendie a été signalé vers 06h30. Le feu s'est déclaré au deuxième étage du bâtiment (comprenant un bureau et un dortoir) où des dégâts de fumée ont été constatés par les pompiers qui se sont rendus sur les lieux.

Les premières constations de l'expert incendie vont dans le même sens.

A ce stade de l'enquête, les circonstances précises de l'incendie et la motivation des auteurs demeurent inconnues. 

Les trois personnes qui s'y trouvaient (la gardienne de l’immeuble et ses deux enfants) ont été légèrement intoxiquées par les fumées et ont été soignées sur place. L’incendie n’a fait aucun blessé grave.

D'après les pompiers de Bruxelles, quatre foyers distincts ont été détectés sur les lieux, ce qui conforte l'hypothèse d'un geste criminel. "Les agents m’ont dit que, selon toute évidence, il s’agit d’un incendie criminel, déclare Jehuda Guttmann, président de la communauté juive d’Anderlecht. Quatre foyers ont été recensés dans l’immeuble. Ils m’ont demandé par ailleurs s’il y avait des matières inflammables à ce niveau-là, comme des bidons d’essence ou autre… Mais il n’y avait rien de tout cela".

Les premières constations de l'expert incendie requis par le parquet de Bruxelles vont dans le même sens.

Selon plusieurs sources que nous avons pu contacter, un élément resterait interpellant : aucune trace d'effraction n'a été relevée. 

Un autre fait, dimanche, au Mémorial juif

Cet incendie intervient dans un contexte particulier. Outre la fusillade survenue au Musée juif il y a quelques mois, ce dimanche, un autre fait vient contextualiser le climat de tension actuel. "Il y avait une petite cérémonie au Mémorial juif, rapporte Eric Tomas, bourgmestre PS d’Anderlecht. Un individu a jeté des pierres et une bouteille à l’intérieur du Mémorial, en proférant des menaces et des insultes anti-juives. "

Fait isolé ? Vandalisme ? Acte antisémite ? Peut-on relier l’incendie et cet acte de violence survenu dimanche ? Pour l’heure, il est beaucoup trop tôt pour répondre à ces questions. D’ailleurs, Jehuda Guttmann refuse de cibler qui que ce soit à ce stade. "Pour pénétrer dans l’immeuble et avoir démarré quatre foyers, ces personnes comprendraient que ce n’est pas là du tout qu’il fallait bouter le feu, si je peux m’exprimer ainsi. Ils s’en seraient pris à la synagogue elle-même, où l’on trouve beaucoup d’objets de culte."

Deux incidents en quelques jours à Anderlecht... Va-t-on voir les mesures de sécurité autour de lieux de rassemblement de la communauté juive à nouveau renforcées ? Depuis le quadruple assassinat commis au Musée juif de Belgique en mai dernier en tout cas, d’importants dispositifs de sécurité et de surveillance ont été mises en place. Actuellement, les zones de police sont en contact avec l’OCAM (Organisme de Coordination d’Analyse de la Menace) qui a fixé son niveau d’alerte à 3 (sur 4) depuis mai. Reste à voir si celui-ci sera réévalué dans les heures qui viennent.

La ministre de l'Egalité des chances et la LBCA font part de leur indignation

Plusieurs personnalités et institutions se sont indignées mardi de l'incendie d'origine criminelle qui s'est déclaré dans une synagogue d'Anderlecht. "Tout acte de racisme, d'antisémitisme et de xénophobie n'engendre que des sentiments d'exclusion, de haine et est contraire au vivre-ensemble, véritable ciment de notre démocratie", a déclaré Isabelle Simonis (PS), ministre de l'Egalité des chances de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La ministre espère que les trois personnes intoxiquées se rétabliront rapidement et que les forces de police pourront faire la lumière sur les actes criminels envers la communauté juive, actes en recrudescence qu'elle condamne fermement.

Joël Rubinfeld, le président de la Ligue Belge contre l'Antisémitisme (LBCA), a lui aussi fait part de son inquiétude. "L'emballement des actes antisémites en Belgique observé ces derniers mois souligne l'urgence qu'il y a à intégrer ce combat dans le prochain programme gouvernemental. La lutte contre l'antisémitisme doit plus que jamais devenir une véritable cause nationale. Il en va de l'honneur et probablement aussi de l'avenir de notre pays", a-t-il déclaré.

La fédération bruxelloise du Parti socialiste a pour sa part tenu à témoigner "tout son soutien à la communauté juive de Bruxelles". "Cet incident, qui intervient au lendemain de la réouverture du Musée Juif de Belgique et dans un contexte international préoccupant, nous rappelle que la lutte contre l'antisémitisme, contre le racisme, contre la haine du vivre-ensemble, est plus que jamais à l'ordre du jour", a-t-elle dit.

"Nous tenons à rappeler un principe fondamental, à savoir que les synagogues, comme tous les autres lieux de cultes, sont des lieux de prières et de recueillement, et qu'elles doivent à ce titre jouir du respect absolu. L'atteinte à un lieu de culte est une atteinte à toutes les religions et porte préjudice à notre vivre ensemble", a également réagi le Conseil européen des ouléma marocains, une association musulmane basée à Bruxelles.

RTBF

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