Incendie, crise du coronavirus : l'entreprise Realco sort la tête haute d'une année 2020 très chahutée

Realco a continué à produire, malgré la destruction de son site de production de Louvain-la-Neuve
Realco a continué à produire, malgré la destruction de son site de production de Louvain-la-Neuve - © S. Vandreck

Il y a un an, le 10 janvier 2020, un violent incendie ravageait le hall de production et de stockage de l’entreprise Realco de Louvain-la-Neuve. Aujourd’hui, même si la vue du terrain désormais vide qui jouxte son siège social le désole un peu, le directeur général de la société, George Blackman a le sourire. "De cette année 2020, on veut retenir le positif, insiste-t-il. On a énormément appris, on est plus solidaires que jamais et on a continué à grandir". L’année 2020 aurait effectivement pu être une année noire pour ce spécialiste des détergents écologiques à base d’enzymes, mais Realco annonce même aujourd’hui des résultats en hausse.

On a appris énormément de choses et on a gagné en transversalité

Pour sortir la tête de l’eau, l’entreprise a très rapidement bénéficié d’un grand élan de solidarité : tous les collaborateurs se sont retroussé les manches mais des entreprises partenaires, voisines du parc scientifique ou plus éloignées, ont aussi apporté leur aide. "Aujourd’hui, on a huit nouveaux partenaires sous-traitants en Wallonie chez qui nous produisons, ainsi qu’une nouvelle zone logistique. Tout est sous-traité mais cela fonctionne tout aussi bien, sans toucher au niveau de qualité", précise le directeur.

Realco n’a pas non plus touché à son volume d’emploi : ses 52 collaborateurs sont toujours là, même s’ils occupent aujourd’hui des postes différents. "On a besoin aujourd’hui de davantage de logistique, donc des opérateurs de production travaillent plus dans ce domaine. Le personnel est devenu plus polyvalent : le marketing a dû faire de la supply chain et du planning, la R&D a dû faire du transfert de production, des ouvriers sont venus aider le marketing lors des foires commerciales en début d’année… On a appris énormément de choses et on a gagné en transversalité, vu qu’on a dû tous se serrer les coudes et travailler ensemble", rappelle encore George Blackman.

Des impacts positifs et négatifs de la crise sanitaire

La société aurait aussi pu voir une partie de sa clientèle disparaître après l’incendie. "Ils ont été patients. Mais nous avons aussi dû être très rapides et créatifs pour leur trouver des solutions, et même parfois avoir recours à l’aide de partenaires concurrents, aller chercher du stock là où il y en avait encore pour pouvoir les livrer le plus vite possible".

Le patron de Realco ne cache cependant pas avoir arrêté de livrer certains clients pendant la crise sanitaire : "Une grande partie de notre clientèle, ce sont les cuisines collectives ou de restaurants, rappelle-t-il. Cela a eu un impact négatif. Mais il y a eu du plus et du moins dans cette crise : nous avons aussi aidé des partenaires à renforcer leur hygiène. Tout cela a provoqué pas mal de chamboulements, mais nous finissons quand même bien l’année, vu que nous sommes en croissance". La crise sanitaire a également boosté la recherche et le développement.

Des partenariats de sous-traitance maintenus

Reste la reconstruction du vaste hall de production et de stockage à Louvain-la-Neuve. L’entreprise espère qu’elle pourra démarrer cet été. "Il aura au moins la même taille que ce qu’il avait avant, parce qu’on a des ambitions de grandir. Les plans sont déjà là, on sait déjà ce qu’on veut. Nous sommes en pleines démarches administratives".

George Blackman insiste : même avec ce nouveau site de production, les partenariats avec la plupart des sous-traitants continueront sur le long terme. "On a mis en place des partenariats solides, qui ont toute leur place dans le futur de Realco. On a trouvé chez eux de nouveaux outils de production, des manières de produire moins cher et, surtout, on s’est dotés d’un réseau de sous-traitants et d’une capacité technologique qui nous intéresse grandement".

L’entreprise a dû tirer parti de l’adversité pour rebondir et même sortir plus forte. C’est ce qu’on appelle en psychologie la résilience.

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