Immersion à l'Hôpital des Enfants Reine Fabiola (3/5): Accompagner l'autisme

Accompagner l'autisme, une des tâches menées à l'Hôpital des Enfants Reine Fabiola
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Accompagner l'autisme, une des tâches menées à l'Hôpital des Enfants Reine Fabiola - © Aline Wavreille

C'est une structure unique en Belgique. L'Hôpital des Enfants Reine Fabiola, à Jette, a fêté ses trente ans il y a quelques mois. Cet hôpital universitaire est entièrement dédié aux soins des enfants, de la naissance à l'adolescence. La rédaction bruxelloise de Vivacité vous propose une série de cinq reportages réalisés en ses murs. Troisième épisode: découverte de l'unité APPI, elle est spécialisée dans la gestion et l'accompagnement de l'autisme. C'est la seule qui fonctionne de cette manière en Belgique. 

Travailler la relation à l'autre 

"Qui commence? A toi? Regarde bien: mou-ton"! Une séance à deux, entre Claudine, éducatrice spécialisée et Karim, trois ans et demi. Ici, on joue, fait des puzzles, on chante des comptines dans ce qui ressemble à une petite classe. Derrière ces activités, un travail très précis sur la relation à développer avec le petit garçon. Claudine explique: "On travaille essentiellement le contact visuel, on essaie de capter le regard, parce que c'est souvent la première chose qui est le plus difficile à avoir. On travaille aussi beaucoup sur les imitations, à travers les comptines, des gestes: le poisson, l'oiseau qui vole, le moulin qui tourne etc... C'est vraiment très axé sur le relationnel et le partage: chacun son tour, on joue ensemble, c'est au tour de qui...". Le professeur Delvenne, pédopsychiatre, complète: "Et on va de cette manière-là l'encourager avec beaucoup d'émotions, on va un peu accentuer le retour émotionnel, de félicitations, d'encouragements, de "bravo", de "bonjour" pour accrocher l'enfant qui a des tendances autistiques dans le registre communicationnel et relationnel, ce pour quoi il n'est pas très bien équipé".

Un travail quotidien et sur le long terme

C'est ce que l'on appelle la méthode Denver. L'objectif est de travailler sur le long terme avec les enfants. Pendant un ou deux ans. A deux. Le rythme est soutenu: les enfants viennent tous les jours. Et l'idéal, c'est de commencer le travail le plus tôt possible. "On pense - et les études neuroscientifiques le soutiennent - que le cerveau est encore extrêmement plastique en dessous de trois ans et ça nous permet de garder une malléabilité, une plasticité très précoce, notamment au niveau des interactions sociales et développementales".

Les progrès se mesurent ! Karim est là depuis près d'un an. Et ce n'est plus vraiment le même petit garçon, selon Claudine: "Quand il est arrivé, il ne parlait pas du tout, pas un son. Au bout de deux-trois mois, il a commencé à faire des petits sons, des petites voyelles qui sortaient et là, on s'est dit que cela commençait à émerger. Aujourd'hui, il enrichit de plus en plus son vocabulaire, et c'est très encourageant".

Retrouvez tous les épisodes de notre série sur l'Hôpital des Enfants:

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