Il y a des opportunités d'emploi en Flandre, même pour ceux qui ne sont pas parfaitement bilingues

Le Forem organise régulièrement des actions pour démystifier l'emploi en Flandre, comme cette "Werk Week" organisée en octobre dernier à Mouscron
Le Forem organise régulièrement des actions pour démystifier l'emploi en Flandre, comme cette "Werk Week" organisée en octobre dernier à Mouscron - © RTBF

Une trentaine de kilomètres seulement séparent Wavre de Louvain. Mouscron n’est qu’à quinze minutes en voiture de Courtrai. Tout au long de la frontière linguistique, côté flamand, se trouvent des entreprises qui ont parfois du mal à trouver des profils spécifiques, comme des techniciens ou des ouvriers. L’explication est simple : le nombre de demandeurs d’emploi dans le nord du pays est beaucoup plus bas qu’en Wallonie, où il y a de la main-d’œuvre disponible. 

Le groupe brassicole AB Inbev, basé à Louvain, recherche ainsi depuis octobre dernier 40 personnes pour faire tourner sa nouvelle ligne de production. La plupart des profils recherchés sont assez simples : il faut un diplôme ou une expérience dans un métier technique, et se passionner pour le monde de la bière. Pourtant, jusqu’ici, l’entreprise n’est parvenue à recruter qu’une vingtaine de collaborateurs. Elle vient donc de relancer un appel pour compléter l’équipe et rencontrera les candidats lors d’un « job café » organisé ce samedi sur le site de l’entreprise. « La connaissance du néerlandais est primordiale », insiste la porte-parole du groupe.

Moins de réticences chez les Français

Et c’est effectivement là que ça bloque pour beaucoup de candidats : travailler en Flandre fait peur, car les demandeurs d’emploi wallons ne sont pas assez sûrs de leur maîtrise du néerlandais. Au VOKA, le réseau flamand des entreprises, on relativise : il suffit dans beaucoup de cas de connaître les termes techniques spécifiques à son métier et quelques éléments de base pour discuter avec ses collègues. « Il y a beaucoup d’emplois pour lesquels il ne faut pas être parfait bilingue, ajoute la porte-parole du VDAB, le pendant flamand du Forem. La motivation et les compétences sont souvent plus importantes ». De son côté, le VOKA cite par exemple une expérience menée autour de l’aéroport de Zaventem, où des formations très courtes et très ciblées en néerlandais ont donné de bons résultats. En Flandre occidentale, les entreprises recrutent d’ailleurs souvent des collaborateurs français, sans doute moins frileux que les Wallons à l’idée d’aller travailler en Flandre. « Tout dépend du type d’emploi pour lequel vous postulez. Il faut aussi bien se renseigner au préalable sur les exigences de l’employeur en matière de langues », conseille Thierry Ney, porte-parole du Forem.

Des efforts qui paient

Les employeurs flamands prospectent en effet de plus en plus de l’autre côté de la frontière linguistique. Ainsi sur 450.000 offres publiées par le Forem en 2018, un tiers concernait des emplois en Flandre. Et les opérations séduction, comme le « Tour de Wallonie » du VOKA, une bourse d’emploi destiné spécifiquement aux demandeurs d’emploi wallons, se multiplient. De plus en plus d’efforts sont donc faits pour faire tomber les barrières. L’an dernier, le Forem a donné pas moins de 12.000 heures de formation en néerlandais. « Nous avons aussi organisé une "werk week" pendant laquelle nous avons tenté de démystifier le marché de l’emploi en Flandre. Et cela porte ses fruits puisque le nombre de demandeurs d’emploi qui ont osé franchir la frontière linguistique est passé de 27.000 à 28.000 en un an », se félicite le porte-parole du Forem.

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