"Il y a de la place pour les taxis et pour Uber à Bruxelles, mais..."

Uber, les taxis bruxellois et Pascal Smet autour de la même table.
Uber, les taxis bruxellois et Pascal Smet autour de la même table. - © RTBF

C'était une première médiatique: les taxis bruxellois, Uber et le monde politique ont discuté de l'avenir du secteur autour d'une même table. Durant le débat, le ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet a rudement critiqué les taxis, les syndicats lui répondant qu'ils refusaient son invitation à la concertation. Tous les participants sont cependant tombés d'accord sur un constat: les taxis et Uber peuvent co-exister à Bruxelles.

"Oui, il y a de la place à Bruxelles, pour les taxis et pour d'autres sociétés comme Uber ou Djump".

D'entrée de jeu, tous les participants au débat s'accordent sur ce point. Même les deux représentants des taxis. Avec des nuances, tout de même. "A condition de respecter les taxis, la législation belge, et sans dumping social", assène d'entrée de jeu Philippe Lescot, de la CSC Transcom. "Il faut que les règles soient les mêmes pour tout le monde", complète Michel Pêtre, patron des Taxis Verts.

"Une concertation aura lieu. J'ai toujours dit que le plan taxi était à discuter, pas à prendre ou à laisser", précise le ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet (sp.a). Fin de non recevoir des syndicats: "Nous ne viendrons pas à votre comité consultatif, pas la peine de vous déplacer, assène Philippe Lescot. Vous avez réussi à solidariser employeurs et syndicats, dans la rue. L'ensemble du secteur des taxis est opposé à votre politique."

Lourde charge de Pascal Smet contre les taxis

Pascal Smet insiste sur l'obligation de réformer le secteur des taxis. Et là, il y va fort. "C'est un petit marché, dont les clients ne sont pas contents. Les petites courses sont refusées. Ils font des détours. Les businessman menacent de quitter Bruxelles à cause des taxis. Il y a un grand malaise vis-à-vis des taxis à Bruxelles. Il y a là un énorme travail au noir. Il faut moderniser tout cela, ce sera bon pour les chauffeurs de taxis."

Dans son Plan Taxis, Pascal Smet affirme vouloir faire rentrer Uber dans un cadre légal, et mettre tous les acteurs du secteur sur un même pied d'égalité. Mais le patron européen de Uber, Mark MacGann nuance: "On ne peut pas faire rentrer tout le monde dans le même cadre juridique. Il faut un cadre pour l'actuel duopole des Taxis Verts et des Taxis Bleus, et un cadre pour un service différent de celui des taxis."

"Uber, c'est en fait une centrale téléphonique, comme celle des taxis, mais sur smartphone, estime Céline Delforge, députée bruxelloise Ecolo. Uber propose simplement des taxis pas chers, avec des chauffeurs qui roulent avec leur propre voiture, qui n'ont pas de contrat de travail avec une société de taxi. On est dans du hard discount du taxi, et on voit mal comment on pourra les mettre sur le même pied que les taxis officiels."

"Quand j'entends Céline Delforge, j'ai l'impression de revenir 50 ans en arrière, à l'époque où l'état voulait tout contrôler", répond Mark MacGann.

"Inévitablement si on ouvre le jeu à Uber on aura dans certaines zones une meilleure offre de mobilité", ajoute le député MR Boris Dilliès, qui compare le bouleversement actuel dans le secteur des taxis à ce qui s'est passé dans le secteur des télécoms. On a ouvert le marché, Belgacom n'a pas disparu, et aujourd'hui les tarifs sont moins chers."

"De la place pour les taxis et Uber à Bruxelles?" La réponse des participants:

Un débat courtois, mais où l'on a senti une tension contenue entre les représentants des taxis et Pascal Smet. Où l'on a compris que la concertation serait rude: il faudra d'abord que le gouvernement bruxellois parvienne à ramener le front commun des taxis autour de la table. Et où Uber semble serein, et compte bien poursuivre son activité et son essor dans la capitale.

RTBF

Vous pouvez revoir le débat dans son intégralité, ci-dessous:

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