Il y a beaucoup trop de kayaks sur la Lesse, dénoncent les défenseurs de l'environnement

Il y a beaucoup trop de kayaks sur la Lesse, dénoncent les défenseurs de l'environnement
Il y a beaucoup trop de kayaks sur la Lesse, dénoncent les défenseurs de l'environnement - © Google

On pensait que la hache de guerre était enterrée entre les exploitants de kayaks et les associations de défense de la Lesse. En octobre dernier, après plusieurs années de procédures et de négociations, le ministre de l'Environnement Carlo Di Antonio délivrait un nouveau permis à la principale société d'exploitation, Dinant Evasion. 

Il prévoit un maximum de 1825 kayaks par jour par beau temps (20 jours par an) et impose aux exploitants d'installer à leur frais des portiques pour compter les bateaux mis à l'eau. Histoire de vérifier si le règlement est bien respecté.

5000 personnes sur 12 kilomètres de rivière

Mais plusieurs associations trouvent le permis totalement déséquilibré : "Si on ajoute les 800 kayaks du second exploitant, cela donne 2600 kayaks sur la Lesse par beau temps... 5000 personnes sur 12 kilomètres, calcule Georges Hoyos, un des membres du collectif de défense de la Lesse ! Ce permis ne tient pas compte des avis techniques dont disposait le ministre. Le fonctionnaire délégué proposait un maximum de 1370; la DNF 1200 et la Commission royale des monuments, sites et fouilles 1000 ! Il n'y a plus aucune place pour les autres utilisateurs de la Lesse : les promeneurs, la cavaliers, les pêcheurs. Ce permis donne l'exclusivité de l'usage de la rivière à une seule activité. Ce n'est pas équilibré."

Les associations pointent aussi le risque pour la faune et la flore. "Le permis autorise la mise à l'eau des kayaks même lorsque le débit est très faible, entre 13 et 17 cm de profondeur, dénonce Lionel Delvaux, chargé de missions chez Inter-environnement Wallonie. Dans de telles conditions, les bateaux raclent le fond et les kayakistes sont obligés de sortir du bateau; ils marchent sur le lit de la rivière, ce qui détruit l'habitat de certaines espèces qui vivent au fond de l'eau".

Carlo Di Antonio : "un permis équilibré"

Pour le ministre Carlo Di Antonio, l'étude d'incidence a montré que, moyennant certaines précautions, les kayaks de la Lesse seraient compatibles avec la protection de l'environnement. A ce stade, aucune dégradation des espèces et des habitats n'auraient été observées. Le ministre estime que le permis permet de ménager une "savant équilibre entre les principes de conservation de la nature et de l'environnement, et le développement du secteur touristique."

Les points de vue paraissent fort éloignés. Les associations ont intenté un recours en annulation du permis devant le Conseil d'Etat. La bataille de la Lesse est loin d'être terminée.

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