Il y a 30 ans, le dernier charbonnage wallon fermait ses portes (images d'époque)

Le Roton fermait définitivement ses portes le 30 septembre 1984.
Le Roton fermait définitivement ses portes le 30 septembre 1984. - © www.bspace.be

Le Roton de Farciennes, le dernier charbonnage wallon fermait ses portes le 30 septembre 1984. Les 1 200 derniers mineurs wallons remontaient une dernière fois de la fosse. C'est une page, un pan entier de l'histoire industrielle wallonne qui se tourne définitivement.

Le Roton avait été choisi pour absorber le choc social et économique de la fin de l'exploitation du charbon. La fin du Roton, c'est le point final d'un vaste plan de fermeture des charbonnages enclenchés des années plus tôt. Mais la fin du Roton, c'est la fin d'un métier. C'est une page qui se tourne. C'est la fin d'un cycle économique.

Une page se tourne, le paysage industriel wallon change de visage

En cette journée de septembre 1984, les derniers mineurs remontent du Roton. Ils le savent : avec cette fermeture, c’est tout un pan de l’histoire industrielle wallonne qui disparaît. "J’étais malheureux, commente Giuseppe Bongiorno (mineur). On le savait : la plupart des métiers étaient liés de près ou de loin aux charbonnages en activité. Ici, c’était le dernier à fermer. Pour nous, ça a été un choc !" Car cela signifiait la "mort" de tout un secteur, de toute une communauté.

En 1900, la Belgique était le quatrième pays au monde en termes de production de charbon. Petit à petit, les différents sites ont fermé leurs portes. Déjà avant la guerre, les charbonnages hennuyers (notamment) fermaient les uns après les autres. Le Roton était le dernier encore en activité en Wallonie.

Farciennes a mis 20 ans à s'en remettre

Pour Farciennes, la fermeture du Roton fut un véritable choc social et économique. Farciennes va mettre 20 ans pour relever la tête et absorber ce choc.

Hugues Bayet, le bourgmestre PS de Farciennes et député européen depuis peu, était enfant à la fermeture du Roton. C'est évidemment plus tard qu’il a vraiment réalisé ce qu'était à l'époque le Roton: un pôle social et économique de la commune : "Oui c’était clairement le poumon économique. Tous les emplois étaient liés au Roton: on a eu jusqu’à 6 000 travailleurs au Roton. Il y avait juste à côté du Roton la centrale électrique et ses 2 000 travailleurs. J’étais trop petit pour m’en rendre compte mais on me raconte que sur la place il y a eu jusqu’à 40 cafés pour absorber tous ces travailleurs. Et donc tout était structuré autour du Roton. Et, évidemment, quand il a été fermé il y a 30 ans, ça a été la dégringolade. La première priorité était de reloger les gens : il y avait encore énormément de baraquements et on a du construire en urgence des centaines de logements sociaux pour héberger ces personnes qui se retrouvaient sans le logement qui leur était prêté par le charbonnage."

Le redressement est toujours en marche

Pour le bourgmestre de Farciennes encore : "Dans les décennies 1990 et 2000, avec la population importante de sans-emplois, on a connu des années noires où Farciennes était montrée du doigt comme plaque tournante de la drogue, comme une ville très dangereuse et violente. Alors, on a réagi sur le terrain de la sécurité et de la prévention. On a beaucoup travaillé aussi sur des projets économiques et des grands travaux de modernisation. On a aussi lancé le projet "Ecopôle" qui l’an prochain devrait générer quelque 3 000 emplois. Il y a ainsi toute une série de dossiers qui vont nous permettre de tourner la page et faire en sorte que Farciennes ne soit plus la commune la plus pauvre de la Région Wallonne."

RTBF

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