Il y a 30 ans, la terre tremblait à Liège

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Sismographe - © rtbf.be

Le 8 novembre 1983 à 1H49 du matin, la terre tremble à Liège. Ce séisme, d'une magnitude de 4,9, provoque des dégâts très importants. Plus de 1000 personnes se sont retrouvées sans abri. Deux personnes ont perdu la vie et quelques dizaines ont été blessées lors du séisme. A l'époque, 16 000 propriétaires vont bénéficier d'un soutien du Fonds des Calamités.

Destruction de cheminées, chutes de murs et de façades, apparition de fissures le long des bâtiments ou encore dégâts sur la voie publique. On dénombrait ainsi plus de 16 000 habitations endommagées,principalement à Montegnée/St-Nicolas, à Seraing, à Glain et dans le Laveu.

Ce tremblement de terre a aussi fortement endommagé la clinique de l'Espérance à Montegnée, qui a pourtant dû faire face à l'afflux de blessés et de riverains terrorisés. Comme l'explique Philippe Miermans,  directeur de la clinique et infirmier au service des urgences à l'époque. "A cette époque, les hôpitaux ne disposaient pas d'un plan pour faire face à des afflux massifs de victimes. On commençait à parler de plan catastrophe mais la clinique n'en disposait pas et je pense que très peu d'hôpitaux en Belgique en disposait. Donc, il a fallu improviser et là c'est beaucoup le bon sens mais aussi beaucoup la solidarité. Finalement les personnes qui étaient venues venaient aussi avec des accompagnants non blessés et je me rappelle avoir mobilisé tous ceux qui n'étaient pas blessés pour leur demander de trouver des brancards ou de donner un coup de main et il y a eu une grande solidarité. Dans un second temps, la nouvelle a circulé et le personnel ainsi que les médecins de l'hôpital se sont mis à la disposition, sont revenus. Et nous avons eu, dans le cours de la nuit, des moyens pour faire face à l'afflux de victimes".  

Ce séisme réveille des milliers de personnes dans leur sommeil. Trente ans plus tard, nombre d'entre elles se souviennent encore.

Giacomo (un habitant de Glain) : "Moi, mon plancher s'est laissé aller carrément et il est resté comme cela en biais et il n'a pas croulé. Les meubles sont restés penchés vers le bas et nous sommes descendus tout doucement vers le rez-de-chaussée et là, nous nous sommes rendu compte des dégâts. Je pouvais dire bonjour à mon voisin à travers le mur".

"Le tremblement de terre de Liège était un tremblement de terre de magnitude relativement modérée, un peu moins que 5 sur l'échelle de Richter mais qui était assez peu profond donc il y a eu pas mal de conséquences sur les bâtiments dans la zone de l'épicentre, rappelle Hervé Degée, (spécialiste en ingénierie sismique à l'université de Liège). Statistiquement, il pourrait se reproduire environ tous les 30 ans à l'échelle de la Belgique. Il n'y a pas de raison d'être alarmiste aujourd'hui pas plus qu'il n'y a 30 ans. La seule chose c'est que, depuis lors, il y a eu des évolutions à la fois dans les études sismologiques et du côté architecture ingénierie. On maîtrise mieux le problème mais au niveau du risque proprement dit on en est au même niveau qu'il y a 30 ans, ça veut dire que ça peut arriver. Le jour où cela arrive, cela peut faire quelques dégâts mais pas sous des allures de catastrophe". 

L'agglomération de Liège est l'une des régions les plus sensibles aux séismes. Mais selon Hervé Degée, il n'y pas de raison d'être alarmiste. Les sismologues et les spécialistes en ingénierie veillent au grain.

 

Bénédicte Alié, Aurélie Cosson et Marc Hildesheim

 


 

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